Floriane Blot vit désormais au Népal à plein temps. Cette Bragarde, soigneuse pour animaux, a fondé une ONG et a mis sur pied un sanctuaire pour sauver des éléphants.
Depuis que nous avions croisé Floriane Blot, il y a quatre ans, la Bragarde a fait un sacré bout de chemin. Ancienne soigneuse du parc zoologique du Pal, situé près de Moulins dans l’Allier, la jeune femme ne passait à l’époque que quelques mois au Népal chaque année pour soigner des éléphants. Elle s’y est désormais installée à temps complet. Avec son mari, Michael Bailey et une amie Annik Lambert, elle a fondé une ONG en 2018 : “Stand up 4 Elephants”, et, dans la foulée, elle a mis sur pied un sanctuaire pour les pachydermes à Chitwan. Ce lieu est destiné à accueillir des éléphants “abîmés” car utilisés pour la promenade des touristes. « Les éléphants sont gros et forts. Ils peuvent tirer ou pousser. Mais porter, ce n’est pas quelque chose de naturel pour eux. Et puis ils travaillent beaucoup trop. Ils sont enchaînés, mal nourris, ils n’ont jamais de temps libres et sont séparés de leurs congénères, alors que l’éléphant est un animal très social. »

« Ils sont cassés psychologiquement et physiquement »

Cette utilisation à des fins touristiques s’est particulièrement développée dans les années 80. Auparavant, les éléphants appartenaient surtout à des maharadjahs ou à des familles royales. Aujourd’hui, ils appartiennent à de grands hôtels qui y voient une source de revenus conséquente. « On ne peut pas dire que les propriétaires de ces hôtels sont des “méchants” », prévient Floriane Blot qui s’attache avec son ONG, à ne pas tomber dans le jugement. « Mais ils ne savent pas s’en occuper correctement. » Pour dresser les animaux à porter les touristes, les méthodes utilisées sont cependant souvent très violentes : « Ils sont affamés, brûlés, enchaînés. Quand on les récupère, ils sont cassés physiquement et psychologiquement. »
En octobre 2018, le sanctuaire a ainsi sauvé sa première éléphante, Eva, 50 ans. Et à la fin de l’année dernière, une deuxième, Lhamo, 30 ans. Toutes deux ont été rachetées à leur propriétaire grâce à des dons. L’ONG, qui compte huit salariés, fonctionne essentiellement grâce aux dons. Elle est soutenue par la Fondation Brigitte-Bardot et par le parc zoologique du Pal, ancien employeur de Floriane Blot.

Fr. T.

Pour aider l’ONG “Stand up 4 Elephants”, il suffit de visiter son site Internet (https://fr.su4e.org/) ou sa page Facebook.

Travail de fond pour changer les pratiques

Au sein du sanctuaire créé par Stand up 4 Elephants, les éléphants peuvent enfin se coucher normalement, libres de leurs chaînes, prendre du temps dans la jungle. Le site dispose d’un grand hangar, d’un enclos, et même d’une piscine, le tout en lisière de la jungle. « On a aussi un bâtiment pour accueillir les cornacs (c’est le nom des maîtres des éléphants, NDLR). On travaille avec eux. On veut leur montrer que l’on peut faire différemment, même avec une vision de businessman. » Leur montrer qu’il est possible pour eux de gagner de l’argent avec les éléphants, mais sans les maltraiter et sans les obliger à faire des balades pour touristes. « Le but, c’est qu’ils copient notre modèle. On les aide à budgéter, par exemple. En plus, les Occidentaux sont sensibilisés à ces problèmes et ils veulent de moins en moins faire ces promenades, mais par contre, ils veulent toujours avoir une interaction avec l’animal, les regarder ! ».
Il aura fallu des années à Floriane Blot et son équipe pour gagner la confiance des propriétaires, petit à petit, étape par étape. Mais aujourd’hui, les choses semblent avancer positivement. « On va dans les écoles, on essaie de faire fonctionner la communauté autour du camp, par exemple avec les agriculteurs, pour faire manger les éléphants. » « Ça aura pris du temps, mais maintenant ça va plutôt bien », poursuit la jeune femme rentrée à Saint-Dizier pour quelques semaines. « Le but, ce n’est pas de sauver tous les éléphants. Il faut que le changement vienne des Népalais. » Un travail de fond que Floriane reprendra dès son retour là-bas, début juin.