A l’affût dans son grand jardin, le peintre, Boris Beluche, se fait photographe de talent et transforme des rencontres magiques en photos magnifiques.
Chez les “Beluche”, on dessine, on peint, on photographie depuis toujours : « Mon père et son frère aimaient dessiner, peindre et même exposer. Mon oncle exposa à Langres. Ils aimaient aussi la photo, la diapo surtout, la fameuse kodachrome 64 ASA, le top de la qualité. Je pratique depuis l’âge de 12 ans avec un appareil offert à ma communion (avec la gourmette en argent). »
Depuis 30 ans, dans sa propriété de Heuilley-Cotton, Boris, le peintre, photographie : « Il n’y a pas de temps pour la peinture ou pour la photographie. Je peux faire les deux dans la même journée sauf qu’il y a priorité à la photographie qui nécessite la lumière du jour surtout quand on “chasse” les oiseaux. Dans l’année, elles se juxtaposent, se mêlent, s’ignorent ou s’aident. Un bon cliché d’architecture peut être le modèle d’une aquarelle parce que je ne peux pas toujours dessiner sur le vif. »
Côté Matériel, Boris utilise le Canon 7d mark2 avec un objectif 100-400 mm : « Du très bon matériel, le plus rapide à l’époque mais c’est un réflex et ça fait du bruit (le miroir qui bascule) et les oiseaux n’aiment pas trop. Alors, un jour, je changerai : Canon R5 mais c’est un peu cher pour un retraité de l’Education nationale. Je possède une tente de chasseur, confortable, vue à 360°. Le plus dur n’est pas de l’installer, c’est de la remettre dans le sac. »

Les qualités requises

Curiosité, patience, persévérance, créativité… Boris affiche les qualités requises pour photographier les oiseaux : « J’ai passé soixante ans de ma vie à contempler, à observer, c’est normal que j’aie l’œil. D’autres ont le geste, ou la parole, moi j’ai l’œil. C’est pour ça que je ne fais pas de politique ou de plomberie. J’ai la patience aussi, je peux rester 4, 5, 6 voire 7 heures dans ma cachette à attendre les oiseaux. »
Le pic épeiche habite dans mon jardin. On se connaît. Il réclame ses noisettes du haut du bouleau le matin. Je reconnais son cri de manière sûre. Je peux l’attirer et je ne m’en prive pas. Je dispose la noisette dans un trou pratiqué dans mon piquet. Les grands moments de bonheur, c’est en juillet quand le juvénile qui vole enfin se pose sur le piquet, regarde la noisette et pleure parce que son bec est trop mou. Papa arrive, avec l’ouvre-boîte et lui enfourne la graine dans le bec.
La huppe fasciée : En 1998, elle est venue nicher dans mon mur (un trou à un mètre cinquante au-dessus du sol). J’ai regardé avec ma lampe de poche et j’ai vu le plus bel oiseau du monde. La huppe, c’est chez nous et c’est partout dans le village. Je reconnais son vol à 1 000 m. Un vol de papillon, saccadé, aux mouvements lents. J’ai fait dix mille photos des huppes et elles ne me supportent plus alors j’arrête. La huppe fait ce qu’elle veut, elle ne s’attire pas.

 

Le martin-pêcheur.

Le martin pêcheur, le plus méfiant des trois. Tu planques huit heures sans le voir et le lendemain, t’es à peine installé qu’il est là. Gros budget poisson, c’est lui le plus cher, normal, il est magnifique. Je ne fais que des portraits, il est trop rapide pour moi et imprévisible sauf quand il se pose sur mon piquet, parfois à un mètre de moi. Je le laisse s’installer avant d’appuyer. Il peut rester 3 secondes ou un quart d’heure. Un seul essai par jour.

 

Le pivert, encore plus méfiant. Il ne mange que des fourmis. Je n’ai jamais pu l’attirer. Peu de photos.

Le loriot est venu cet été au bord du bassin. Magnifique mais pas de photos, ne reste pas, hyper farouche. C’est un projet pour 2021.

De notre correspondant Serge Borne