Le verdier (carduelis chloris) est un petit passereau commun, plutôt trapu, d’une longueur de 14,5 cm, au bec conique et au dos d’un vert olive. Si sa tête est verdâtre, son plumage tire sur le jaune au niveau du croupion et des bords de la queue grise et noire. Sa bande alaire jaune vif, très visible en vol, permet de le distinguer du tarin des aulnes et du serin cini. Si la femelle est plus terne, avec des rayures sur le dos, la vivacité des couleurs du mâle s’atténue aussi l’hiver.

Le verdier fréquente les zones boisées entrecoupées de clairières, les lisières forestières, les conifères, les broussailles et les taillis, les parcs, les vergers, les jardins des banlieues pavillonnaires. C’est la raréfaction des graminées sauvages qui a rapproché cette espèce des zones urbaines. Largement répandu en France, plutôt sédentaire, le verdier demeure toutefois un migrateur partiel dans la mesure où des individus originaires des pays nordiques viennent augmenter les populations françaises en cours d’hiver.

Si cet oiseau émet des phrases gazouillées, utilisées par le mâle lors de la parade nuptiale, il est surtout identifiable par son « djjjiiiiii » vibrant, répété à plusieurs reprises, en alternance avec des pauses.

Dès février-mars, le mâle réalise des vols de parade papillonnants, agrémentés de chants, pour attirer une femelle. Celle-ci élabore un nid en forme de coupe, à l’aide d’herbes sèches et de mousse, renforcé de tiges, dont l’intérieur est tapissé de plumes et de poils. Ce nid est généralement construit dans un arbuste ou dans le lierre d’une maison. La femelle y dépose quatre à cinq œufs d’un bleu pâle, délicatement mouchetés, qu’elle couve durant deux semaines environ. Les parents nourrissent ensuite les oisillons avec des larves et des insectes, puis par un mélange de graines régurgitées.

Les jeunes quittent le nid au bout d’une bonne quinzaine de jours, tandis qu’une seconde nichée suit généralement la première, ceci jusqu’en août.

Le verdier d’Europe, qui apprécie les graines de tournesol, est un visiteur assidu des mangeoires qu’il n’hésite pas à s’accaparer en période hivernale ; il se déplace alors en petits groupes, parfois accompagné d’autres espèces grégaires comme le tarin des aulnes ou le chardonneret élégant. En ce cas, ces bandes d’oiseaux picorent les graines au sol, sous les mangeoires.

L’été, le verdier consomme des insectes, des baies, des bourgeons, et les graines de nombreuses plantes grâce à son bec puissant. A ce propos, son appétit de granivore peut le rendre nuisible au jardin, notamment en période de semis.

De notre correspondant Patrick Quercy