Jean Chevallier, illustrateur naturaliste.

Depuis toujours, Jean Chevallier dessine et peint tout ce qui court, rampe, vole ou nage. Aujourd’hui, l’artiste, installé à Droyes, reproduit la faune locale avec talent et précision.
Décembre 1970, Jean Chevallier, 9 ans, trouve son oxygène au Parc de Sceaux (Hauts-de-Seine) : « Une attirance innée, un cadeau de la vie… Je restais des heures à épier les animaux du parc. Enfant, je n’avais pas encore développé ma patience pour supporter de longs affûts. J’annotais un premier cahier d’observation.»

Cervus elaphus, illustration pour le Guide des mammifères d’Europe, Afrique du Nord et Moyen-Orient de Delachaux & Niestlé, traduit en cinq langues.

« A 13 h, vol d’étourneaux venant du Nord et allant vers le Sud. A 13 h 15, il revient du Sud et part vers le Nord… »
En 1982, l’étudiant en biologie s’imagine un temps ornithologue mais, après quelques petits boulots, le dessin sera une solution de travail : « Je débute par la phase de crayonnés, sorte de brouillon que je mûris avant de reporter mes esquisses sur la planche. S’ensuit le travail minutieux de la mise en couleurs. »
Créativité, passion, persévérance… L’artiste impose SON style : « Je cherche, avant tout, à retrouver l’émotion de l’instant. Si je pense que la scène ne va pas durer, je la regarde et je la dessine mentalement en prenant des repères. Je la retranscris ensuite sur papier et je termine le paysage dans mon atelier. Je ne la complète jamais en allant voir un guide. »

Un sens aigu de l’observation
Croquis de grues pour un timbre postal, édité pour le Festival de la photo de Montier par le club philatélique.

A 25 ans, il se met à son compte et obtient sa première commande du Muséum national d’histoire naturelle : « Je devais illustrer des fiches, en noir et blanc, représentant les canidés, les félidés, les lutrinés, les mustélidés et les bovinés du monde. La rencontre avec le mammifère est toujours un miracle hasardeux. Et puis, son intelligence permet une riche palette d’attitudes et de comportements, un rêve pour le dessinateur. Si on comprend bien une bestiole, on peut la reproduire dans n’importe quelle posture. »
Robert Hainard, Léo-Paul Robert, l’école suédoise d’aquarelles animalières incarnée par Lars Jonsson ou encore les impressionnistes, Monet ou Sisley… Autant de références pour Jean qui, selon le degré de finition, s’active entre un quart d’heure et deux heures trente pour réaliser une image.
De l’ours en Slovénie au crapaud en Vendée… Jean affectionne, tout particulièrement, la proche Champagne, les grues du Der : « Je suis en terrain connu. J’ai tendance à retourner dans les mêmes coins même s’il ne se passe rien, je n’ai pas l’impression de les voir vides grâce à des réminiscences. »
En 2009, Ce passionné de nature s’installe dans la Marne près du lac du Der. Aujourd’hui, l’artiste vit à Droyes où il organise des stages d’initiation au dessin animalier de terrain.

De notre correspondant Serge Borne

Piégeage photographique

Depuis quelques années, Jean positionne des pièges photographiques sur des lieux de passage de la faune locale : « Désormais plus accessibles financièrement, ces appareils ne font pas d’images aussi piquées qu’un appareil photo mais, utilisés en mode vidéo, ils permettent d’enregistrer la faune dans tous ses états. »