Le jeune Charly sur les traces de son illustre père.

Charly Meier, jeune Haut-Marnais de 11 ans, a pour passion la nature et la photographie. Il aime se fondre dans les bois proches de chez lui ou juste dans un affût au fond de son jardin pour partager l’intimité des animaux. Et le jeune esthète a naturellement de qui tenir… Accompagné de son père David, l’un des photographes animaliers les plus reconnus du département et auteur de plusieurs livres, Charly nous dévoile ses plus belles prises…
Quand on parle d’hérédité dans le monde du vivant, les biologistes évoquent la transmission de caractères acquis de génération en génération. Il va sans dire que le jeune Charly a pris les caractères du photographe et de l’amoureux de la nature de son illustre père, David Meier. Charly était à peine né lorsque ce dernier publia son premier livre, “Haute-Marne aux sources animales”, en 2009. Livre qui lui fut symboliquement dédié. Caractères acquis on disait.

Au fil des années, l’influence du milieu des photographes animaliers couplée à l’atmosphère des festivals photos où se rend son père, font leur œuvre. Aussi paisiblement que la rivière creuse son lit… Le temps va polir les gênes du photographe qui sommeille en lui. Résidant dans le nord du département, le jeune Charly grandit au son des chants des grues migratrices en automne, à l’écoute du brame du cerf à la fin de l’été et aux gazouillis des passereaux au printemps.

Observation et patience

La curiosité de la nature s’éveille en lui. Pas à pas. Et arpenter, depuis son plus jeune âge, les allées du Festival international de la photo animalière de Montier-en-Der, en écoutant son père lui narrer le nom des animaux et les techniques des photos exposées, ça aide. Naturellement. Cette année le déclic-clac opère.

Lors du confinement printanier Charly prend plus de temps à l’observation des oiseaux et des petites bêtes près de la mare du jardin familial. Et pour poser un regard sur cette nature à portée de main, il n’y a pas meilleur professeur que son père. Les caractères acquis facilitent aussi la prise en main du premier appareil. Un Canon, comme papa. Charly fait partie de cette génération intuitive qui ne met pas longtemps à découvrir les paramètres d’une machine aussi étrangère au quidam que l’est une fusée spatiale pour une abeille butineuse. Avec toute l’admiration que l’on a pour les merveilleuses abeilles ! Tel un jeu façon “qui est qui”, avec son père, il se met à reconnaître et à apprendre les noms des oiseaux de Haute-Marne.

Pas le quotidien de tous les petits garçons de 11 ans. Beaucoup de grands en savent bien moins que lui pour identifier la linotte mélodieuse, le gros-bec casse-noyaux ou la sittelle torchepot. Si être tombé dans la marmite de la focale facilite une meilleure connaissance du monde animal, Charly a ses propres préférences. Ses récentes observations du cerf lors du brame ont renforcé son envie de partager les moments intimes de ce grand cervidé. Désormais, dans les forêts du nord du département, les animaux apprennent à reconnaître cette frêle silhouette parmi eux. A côté de celle de son père, déjà approuvée. Des photos prises ensemble, ils pensent déjà à en faire un livre et une belle exposition. D’ici là le petit Charly va prendre le temps de grandir, de regarder la nature. Il a vite compris que les animaux de nos forêts ne sont pas les plus simples à saisir. Si proches. Si secrets. Il va apprendre la patience et devoir, à son tour, montrer aux animaux qu’il peut être tolérer dans leur monde secret.

Aurel B.

100 % Haute-Marne

David Meier est l’un des premiers photographes haut-marnais à publier des livres de photos animalières prises intégralement en Haute-Marne. Avec son éditeur, Ippac Selection, il a sorti deux livres en 2009 et 2011, “Haute-Marne aux sources animales – tome 1 et tome 2” et présenta plusieurs expositions photos dévoilant la beauté de la faune locale. Récemment David a également produit un petit film animalier pour alerter le public sur la perte de la biodiversité locale. Le livre “Haute-Marne aux sources animales Tome 2” est toujours disponible en librairie et le site Internet de l’éditeur (https://ippac.fr/boutique/).

Mes plus belles prises par Charly Meier

Pour nous faire partager sa passion, Charly a accepté de nous ouvrir son album de l’année pour nous montrer ses plus belles rencontres.
« C’était à la fin du printemps, pas loin de la maison dans les prés, qu’un matin avec papa on aperçoit deux chats forestiers et quatre renards. On a rampé plus de 150 m dans l’herbe fauchée pour ne pas se faire voir. On voulait se retrouver derrière la haie d’en face pour se cacher et être à bon vent. Lorsque cette renarde s’est retrouvée juste en face de moi, j’avais le cœur qui battait très vite tellement j’étais heureux de pouvoir la prendre en photo. C’est un mammifère magnifique que j’adore. »

« Lors d’une sortie cet été dans la Marne, près de Châlons-en-Champagne, j’ai pu prendre plein de photos du busard Saint-Martin. Cette femelle chassait pour nourrir ses petits. J’adore les rapaces et aujourd’hui il faut penser à les protéger et en particulier le busard car il est menacé. Cet hiver, j’espère pouvoir faire des photos de buses dans la neige. »

« Au printemps, pendant le confinement, je regardais Papa photographier les grenouilles vertes dans notre mare. J’ai eu envie d’essayer et ça m’a vraiment plu ! J’ai réalisé cette photo en contre-jour en me servant de cette jolie lumière en reflet ».

 

« Bien caché dans notre affût dans le jardin, alors qu’il pleuvait, j’ai pu prendre cette mésange charbonnière mâle qui avait attrapé une grosse chenille. Elle peut ramener plus d’une centaine d’insectes par jour à ses petits. Je suis fier de cette photo car on m’a dit qu’elle n’était pas facile à faire. »

 

 

« Cette photo prise en octobre a été l’une de mes plus belles sorties nature. Ce matin-là, on s’est levé à quatre heures du matin pour aller au brame du cerf. On s’est installé avec papa à la lisière d’un bois pour prendre un petit déjeuner et là, il y a eu ce magnifique cerf et ses biches qui ont traversé le champ devant nous. Un moment unique avec une superbe lumière en plus. En repartant on a aussi vu de nombreux sangliers qui ont traversés devant nous. Je suis sûr qu’ils ont tous voulu nous dire bonjour. »