Martine Maguin est palefrenière au centre équestre le Ranch de Baudonvilliers depuis 17 ans. Un travail de l’ombre, pourtant, c’est la personne la plus proche du cheval. Elle prend soin des 80 chevaux de la structure. La femme de 51 ans nous explique plus en détail ses missions.

Martine Maguin est un personnage au franc-parler. La première fois que nous l’avons croisée, c’était avec une fourche en main, et surtout un grand sourire. Elle travaille depuis 17 ans au centre équestre Le Ranch de Baudonvilliers, dans la Meuse. Elle y galope partout, si l’on peut dire. Difficile de la suivre même. « J’aime bien quand ça bouge ! », sourit-elle. Et avec ce temps des derniers jours, ça tombe bien, elle ne ressent pas le froid.

Entre polyvalence et physique

Elle connaît les moindres recoins de la structure équestre. Et surtout l’ensemble des pensionnaires à quatre pattes. Et pour cause. Martine Maguin a un rôle fondamental aux écuries. « Je prends soin des chevaux en leur donnant à manger, en nettoyant et en désinfectant leur box », résume cette dernière.
Du coup, Hugoline, Charlotte, Hardent… « Je mets un nom sur chaque visage et chaque robe », assure Martine la palefrenière. Pourtant, il y a de quoi s’y perdre. Le Ranch possède 80 chevaux. Donc forcément, pas le temps de s’ennuyer. Ses meilleurs alliés sont la brouette, le râteau, la pelle…
Car l’une de ses principales missions, c’est d’enlever le crottin de cheval dans les boxes. « Je le fais une fois par semaine. Ni plus, ni moins. C’est amplement suffisant et surtout c’est très important car c’est la maison du cheval », explique simplement Martine, qui fait une dizaine de boxes en une heure. Mais pour cela, il ne faut pas avoir peur de se salir. « Je vois beaucoup de jeunes passer au Ranch, mais généralement, ils ne restent pas. »
Porter des sacs de granulés de plus de 20 kg ne fait pas peur à celle que l’on surnomme “le bonhomme”. Sans doute parce que c’est un peu l’homme à tout faire du centre équestre meusien.
Le métier de palefrenier est peu commun et surtout peu reconnu. « Oui, ça, c’est sûr », constate au quotidien Martine, surtout auprès des propriétaires de chevaux. Mais qu’importe. « Moi, j’aime ce que je fais », assure la quinquagénaire. C’est une vraie passionnée. « Le jour de mes 5 ans, mes parents m’ont offert un âne. Tout est parti de là… »

« Chaque petit détail peut compter »

Les missions de la palefrenière ne se résument pas à cela. Au Ranch, Martine Maguin prépare aussi les parcs pour les chevaux. Une tâche qui lui tient à cœur. « Les chevaux sont beaucoup mieux dehors. Cela leur évite d’attraper des maladies et c’est bon pour leur moral », explique la palefrenière d’expérience, qui va avoir « plus de boulot en hiver ».
Son quotidien oscille donc entre polyvalence et activité physique.
Mais son job quotidien, c’est aussi une bonne part d’observation. « Il faut toujours faire attention aux animaux. Comme les humains, les chevaux peuvent tomber malades et sont vulnérables. Une colique, une perte d’appétit, un animal qui est moins en mouvement, détecter une boiterie… Chaque petit détail peut compter pour déceler un comportement suspect », détaille cette dernière. Parfois, Martine Maguin soigne un équidé ou panse une plaie. Elle ferait presque passer le bien-être des équidés avant le sien.
Alors lasse d’être lad* ? « Non, je suis vraiment faite pour ce travail », affirme haut et fort la quinquagénaire, qui ne compte plus le nombre de boxes astiqués de fond en comble, de selles et de mors à cheval nettoyés. « Ce n’est pas le plus important. Ce qui compte c’est le cœur qu’on y met », souligne Martine Maguin. Et ça, le cœur, la quinquagénaire n’en manque pas. Surtout quand il y a un cheval dans les parages.
Prenez le temps de discuter avec elle, vous en apprendrez sûrement pas mal sur les chevaux !

J.R.
j.rattier@jhm.fr

* C’est l’autre nom de la palefrenière.

Quelques conseils

Pour les jeunes qui sont intéressés par le métier de palefrenier, Martine Maguin livre deux conseils : être motivé et prendre des initiatives et surtout ne pas compter ses heures. « Si un cheval a un problème, je suis obligée de rester. Dans ce cas, je ne sais pas quand je pars », explique-t-elle.