Ce petit carnivore (36 à 56 cm pour un poids de 800 g à 2,2 kg) est un animal essentiellement forestier. La martre a un pelage brun avec une bavette jaunâtre sur la gorge. Ses larges oreilles, sa queue touffue et ses longues pattes la différencient des autres mustélidés. Solitaires, mâle et femelle occupent des territoires proches de leur domaine vital.
Excellente grimpeuse et cavernicole, la martre s’abrite dans des cavités d’arbres ou des vieux nids (pics, chouettes, rapaces). Agile et rapide, elle se déplace à terre lorsqu’elle chasse. Son régime alimentaire est très varié : écureuils (dont elle est la principale prédatrice), petits rongeurs (campagnols, mulots, musaraignes), batraciens, baies et fruits, insectes et, dans une moindre proportion, œufs et oiseaux.
Généralement silencieuse, elle émet des cris perçants pendant le rut et grogne au cours des poursuites qui précèdent la copulation. La femelle peut s’accoupler avec plusieurs mâles en été mais la gestation est différée de huit mois et la naissance de trois à quatre petits a lieu en avril-mai de l’année suivante. La femelle s’occupe seule de la portée. A dix semaines, les jeunes sont sevrés et apprennent à grimper et à chasser. A 6 mois, ils prennent la coloration et la taille des adultes

Rôle sanitaire

La femelle atteint la maturité sexuelle à 16 mois et le mâle à 25 mois. La martre peut vivre dans la nature une dizaine d’années mais en réalité sa longévité varie, en moyenne, de quatre à cinq ans.

L’espèce peut s’attaquer aux faisans ou aux perdrix d’élevage. Ce gibier de repeuplement, lâché dans la nature par les chasseurs au moment où les prédateurs recherchent des ressources alimentaires supplémentaires pour l’élevage des jeunes, constitue une proie facile et attrayante. Cette prédation lui vaut d’être classée parmi les espèces susceptibles d’être nuisibles selon les départements. Elle peut donc être chassée et piégée. Or, la martre élimine principalement des animaux malades ou faibles et joue un précieux rôle sanitaire en évitant les épizooties.

Louis Parisel