Néro, 6 ans pour environ 2,20 m d’envergure.

Le fauconnier Eric Graja a poursuivi son activité pour l’effarouchement malgré la crise sanitaire. En revanche, les démonstrations lors de manifestations festives estivales semblent compromises. Il faudra patienter pour rencontrer son aigle Néro, en chaire et en plumes.
Le métier de fauconnier n’a rien de commun. C’est surtout une affaire de passion. Domicilié à Montsaon, Eric Graja vit cet engagement à fond, comme il l’a fait pour les courses autrefois ou pour le monde de la musique qu’il n’a jamais quitté. Installé à son compte en 2016, il a fait ses débuts avec ses fidèles amis rapaces. Son activité a rapidement progressé. Et aujourd’hui, l’effarouchement, de pigeons ou corvidés, marche plutôt bien, aussi bien pour les entreprises que pour les municipalités. Cette activité, il la pratique avec les buses de Harris, parmi lesquelles son fidèle Falco, l’un de ses premiers rapaces. « Il a un sale caractère, mais j’y suis attaché et il est efficace », sourit le fauconnier en l’observant.
L’effarouchement n’a pas connu de coup d’arrêt du fait de la crise sanitaire. « Avec le confinement, corvidés et pigeons se sont installés dans les squares et ont reconquis des espaces qu’ils n’occupaient plus… » Les collectivités avec lesquelles il est lié font donc appel à ses services. « L’avantage est que mes employés n’ont pas à porter de masques », observe-t-il en éclatant de rire. Et les rapaces n’ont pas non plus à se laver les serres au gel hydroalcoolique !

Le roi

Les amis d’Eric Graja ont probablement trouvé logique de le voir se lancer, en parallèle de son activité d’effarouchement, dans les présentations de rapaces lors d’événements festifs. On a ainsi pu le croiser avec ses protégés à Châteauvillain pour Chasse et nature en fête ou encore à la fête médiévale de Chaumont.
A ce jour, le fauconnier dispose de neuf rapaces : buses de Harris, faucon Gerfaut Sacre, autour des Palombes. Néro, le petit dernier, ne passe pas inaperçu. Agé de 6 ans, d’une envergure de 2,20 m, cet aigle royale est arrivé à Montsaon il y a près d’un an. Un véritable aboutissement dont rêvent bien des fauconniers. Néro, règne sur son royaume, en semi-liberté, simplement attaché aux pattes grâce à une longe spéciale lui permettant de voler à sa guise dans un périmètre sécurisé. « C’est un animal qu’il faut être apte à maîtriser. Il est puissant. Il peut attraper un renard ou un chevreuil en plein vol », précise Eric Graja. Le roi des rapaces est impressionnant. Tous deux sont désormais complices. Ils ont noué un lien indestructible.

Prédateur
Un magnifique rapace qu’Eric Graja s’est procuré en Bretagne.

Un magnifique rapace qu’Eric Graja s’est procuré en Bretagne.Les habitants du cru pouvaient espérer rencontrer cet aigle désormais haut-marnais lors de spectacles ou manifestations estivales. Mais les rencontres estivales déplaçant les foules semblent mal engagées du fait de l’épidémie.
Ce n’est que partie remise : un aigle vit 50 ans. Il devrait donc y avoir d’autres belles occasions de se retrouver nez à bec avec l’oiseau.
Régulièrement, Eric Graja propose des séquences de vol libre à ses oiseaux. Ces athlètes ont besoin de faire de l’exercice. Néro aussi. « Il monte très haut, jusqu’à 1 500 ou 2 000 m… On ne voit plus qu’un point dans le ciel. » Le rapace peut parcourir 100 km « en un rien de temps ». Si le fauconnier était un peu stressé lors des premiers vols, il est désormais plus serein. « Dès que je lève le poing ou que je siffle, il arrive. L’aigle et son maître partagent une vraie complicité. Il est également équipé d’un GPS, au cas où. L’homme n’oublie pas que son compagnon » garde son instinct de prédateur. « S’il le veut, il peut nous transpercer.»
Néro est sociable. « Tant que je suis là, pour lui c’est normal, tout va bien. » Face à des inconnus, l’aigle observe. Mais il n’est pas dangereux tant que ses serres sont sur le gant du fauconnier. Averti ou non, l’observateur n’a de toute façon pas envie de le provoquer.

Sylvie C. Staniszewski