Décembre 2009, des milliers de grues cendrées déploient majestueusement leurs ailes au dessus du lac du Der. Sous le charme, Léa Schlemmer, 13 ans, effectue un premier comptage.
Léa Schlemmer grandit à Occey, petit village à l’extrême Sud de la Haute-Marne : « Avec mon amie Mégan, on avait pour habitude de dire qu’il y avait plus de vaches que d’habitants. On passait des heures à faire du vélo dans les rues du village. »
Dès son plus jeune âge, Léa est à l’écoute de la nature… Valérie, la maman, lui apprend à reconnaître les oiseaux, les plantes, …
Léa, 7 ans, traverse le département et s’offre une première visite guidée sur les rives du Der : « Après un trajet interminable en voiture, ma mère nous a fait voir les grues. Je me souviens avoir trouvé ça très beau. »

Valérie, Léa et les grues cendrées

Obligation professionnelle oblige, Valérie est mutée à… Montier-en-Der !
Décembre 2009, Léa, 13 ans, est en place au poste de Chantecoq pour un premier comptage : « Je me souviens très bien, il faisait très froid, le lac était gelé par endroits. »
Depuis, fidèle parmi les fidèles, Léa propose sa belle énergie à la Ligue de protection des oiseaux (LPO) : « En marge du comptage de grues qui est transmis au réseau national de la LPO, je participe à différentes actions (protections des nids de busards, enquêtes rapaces nocturnes et hirondelles, comptages de cigognes noires et blongios nains,…). Je m’investis également dans des animations comme la Fête de la grue… Un exploit pour la grande timide que je suis. »
Châtelaillon, Obernai… Adhérente convaincue, Léa est de toutes les assemblées générales présidées par Allain Bougrain-Dubourg : « Je me retrouve dans les valeurs portées par cette association. Aujourd’hui, les bénévoles avec lesquels je partage cette passion et de nombreuses heures (une centaine par an) sont comme une deuxième famille. »

Etudiante en SVT

Forte des expériences acquises auprès de la LPO, Léa oriente ses études vers les Sciences de la vie et de la Terre.
Licenciée en SVT à l’Université de Reims, Léa poursuit avec un master Écologie biodiversité et évolution, mention Expertise faune et flore auprès du Muséum national d’histoire naturelle à Paris.
Lors des vacances de la Toussaint, l’étudiante s’en retourne au comptage du plus grand migrateur d’Europe… Samedi 12 octobre : 46 230 grues étaient recensées sur le lac !

De notre correspondant Serge Borne

• Le comptage de grues sur le Der
Entre octobre et mars, une équipe d’une dizaine de bénévoles de la LPO Champagne-Ardenne se rend au lac tous les dimanches. Pour couvrir les 4 800 hectares du site, ils sont positionnés à plusieurs kilomètres les uns des autres : chaque personne est postée sur un point de comptage et se voit attribuer une portion de ciel (en général, on détermine une portion grâce à des éléments du paysage, comme des lignes d’arbres).
À l’aube, les grues s’envolent dans la même direction pour aller se nourrir, ce qui facilite la précision du dénombrement.

• La LPO
La Ligue pour la protection des oiseaux est une association à but non lucratif de protection de la Nature qui existe au niveau national avec des antennes régionales. Depuis sa création en 1912 (pour sauver les macareux que l’on retrouve aujourd’hui sur le logo), elle œuvre pour la biodiversité, la préservation des espèces, la conservation des espaces et la sensibilisation du public.