Les vétérinaires continuent de travailler malgré tout. Ils ont adapté leurs conditions de travail mais sont toujours présents pour prendre soin des animaux. Les deux cabinets de la ville nous expliquent leur quotidien.

À Chaumont, deux cliniques vétérinaires existent. Malgré la crise sanitaire qui touche le pays, elles ont le droit d’ouvrir afin de prendre soin des animaux des particuliers ou des exploitations agricoles. Elles ont cependant dû revoir leur organisation et leurs priorités. Ainsi, la clinique vétérinaire Thiers, située rue Lévy-Alphandéry, n’a pas du tout stoppé son activité dans les fermes. Les vétérinaires s’y déplacent toujours pour les actes importants comme les mises bas. « Dès que le bien-être ou la vie d’un animal est en jeu, on y va », explique Damien De Backer. Seules les délivrances de médicaments dans les fermes ont changé. En général, les médicaments sont préparés en avance et les éleveurs viennent directement les chercher au cabinet. Parfois, il arrive également que les vétérinaires les livrent directement sur l’exploitation, en fonction de la demande des agriculteurs.
En revanche, l’activité dite canine (animaux de compagnie) a complètement changé ces dernières semaines. Ainsi, la clinique Thiers fonctionne un peu comme les dimanches habituellement. « On travaille sous forme de garde et seulement sur rendez-vous », insiste le docteur De Backer.
À l’autre clinique chaumontaise, rue Youri-Gagarine, la façon de fonctionner est identique. Le personnel fonctionne à effectif réduit à raison de trois professionnels présents au lieu des sept habituels. Les clients ne peuvent venir que sur rendez-vous. « Ce n’est déjà pas possible en temps normal mais là, c’est encore plus strict », explique Philippe Péricard, vétérinaire. Ainsi, il n’y a plus aucune salle d’attente. Les clients doivent patienter directement sur le parking de la clinique. Ensuite, personne ne se croise. Le personnel a mis en place tout un parcours au sein du bâtiment. « C’est tout bête ! », explique le Dr Péricard. Chacun entre un par un par une porte pour ressortir par une autre. Pour le reste, ce ne sont que les cas dits urgents qui sont traités. « On est concentrés sur les malades », explique le Dr Péricard. Comme cette petite chienne venue parce qu’elle n’arrêtait pas de vomir ou ce chien qui n’arrive pas à poser la patte avant au sol. Les blessures lors de promenade sont encore fréquentes. « Tout est un peu urgent avec les animaux. La seule chose qui est sûre, c’est qu’on ne fait pas de chirurgie de convenance », affirme-t-il. En clair, ce sont surtout les stérilisations mais aussi les dépistages (pouvant généralement attendre) qui sont donc reportés.
Dans les deux cabinets de la ville, les gens respectent et ne viennent pas pour rien, même s’il y a parfois eu quelques petites incompréhensions les premiers jours. Au cabinet Péricard, on estime que l’activité est en baisse de 50 % par rapport à d’habitude, sachant que la clinique ne fait pas de rural. « Il ne faut pas que les clients viennent sans appeler ni sans motif », ajoute le Dr De Backer. Même l’achat de croquettes et autres aliments pour animaux doit se faire sur rendez-vous. « On évite les ventes ici sauf pour certains aliments avec des catégories spéciales, comme les chiens diabétiques par exemple », explique Damien De Backer. À l’autre clinique, on a remarqué que les gens avaient fait le plein avant le confinement. « Avec ce qu’ils ont acheté, ils en ont pour six mois ! », lance Philippe Péricard.

Laura Spaeter
l.spaeter@jhm.fr

Attention à la javel ou au gel

Au niveau national, plusieurs vétérinaires ont lancé un cri d’alerte contre les propriétaires de chiens ou de chats qui lavaient ces derniers avec du gel hydroalcoolique, de l’eau de javel ou d’autres désinfectants. C’est une pratique à éviter absolument car elle n’est pas du tout bénéfique pour les animaux qui, souvent, se retrouvent avec la peau brûlée. Si vous souhaitez nettoyer votre animal en rentrant de promenade, il suffit de lui passer de l’eau sur les pattes. À Chaumont, les vétérinaires n’ont pas été confrontés à des cas comme cela.

Cas de transmission très rares

Les cas de transmission du coronavirus vers les animaux domestiques sont rarissimes. Pour l’instant, seuls trois ont été rapportés dans le monde. Le risque est donc quasi nul, d’autant que la maladie n’a jamais fait le chemin inverse, des animaux de compagnie vers l’homme. Les vétérinaires insistent sur ce point. Il faut donc se comporter avec eux de la même façon que d’habitude.

Des dons pour l’hôpital de Metz

La clinique Thiers a fait don de la plupart de son matériel d’anesthésie au Centre hospitalier régional (CHR) de Metz-Thionville. Tout est parti mercredi matin. Il s’agit de matériel qui peut être utilisé sans crainte sur les humains. « L’ordre des vétérinaires nous avait demandé de recenser le matériel utilisable », explique le Dr De Backer.