Photo Klaus Rœthlisberger

Depuis le mois de novembre, Nougat a fait son entrée à l’IME du Val-de-Suize, à Brottes. Accueilli à bras ouverts, ce nouveau résidant à quatre pattes participe activement aux activités et à la vie de l’établissement.

Quatre pattes, deux oreilles qu’il redresse, une bouille à croquer… Nougat a tout juste 2 ans. Il est arrivé à l’Institut médico-éducatif (IME) de Brottes courant novembre. Il était très attendu, aussi bien par les 115 enfants et adolescents accueillis sur site que du côté des 75 salariés qui aident, encadrent et accompagnent ces jeunes ayant une déficience intellectuelle et parfois des troubles ou handicaps associés.

Une belle complicité entre Emmanuelle Bédée et Nougat.

Emmanuelle Bédée est aide-soignante. Mais depuis la fin d’année dernière, la jeune femme est surtout la référente de Nougat. Ce sympathique Golden retriever lui a été confié par l’association Handi’chiens après avoir grandi en famille d’accueil et suivi un cursus et une éducation spécifique. Nougat marche au pied et est en capacité d’obéir à une cinquantaine d’ordres. Pour chaque opération exécutée correctement, il est récompensé grâce à une friandise. Il en raffole, mais il aime manifestement faire plaisir. Il apporte une sorte de joie indescriptible, communicative. Il sert de médiation et participe dans ce cadre à plusieurs ateliers.

Des victoires

« Nougat fait les mêmes journées de travail que moi », sourit Emmanuelle Bédée. Dès qu’elle arrive avec son petit protégé, Emmanuelle est accueillie par des sourires. Enfin… Ils sont plutôt dirigés vers Nougat ! « Cela ne me dérange pas, je suis contente que tout le monde l’accepte et l’apprécie. » Il est rapidement devenu la mascotte de l’établissement. Emmanuelle Bédée travaille avec une vingtaine d’enfants, autistes et polyhandicapés. Ils ont été identifiés comme étant ceux auxquels les ateliers de médiation animale apportent le plus de choses.
Pour avoir assisté à l’une de ces séances, il est très clair que la présence du chien, qui accorde sa gentillesse inconditionnelle, est un sérieux plus. Les visages se décrispent, de larges sourires apparaissent. L’envie de se promener, de faire des choses et la fierté de tenir la laisse sont visibles. Des moments qui paraissent peu de chose mais qui sont beaucoup et font chaud au cœur.
Les enfants et adolescents de l’IME ont également l’occasion de croiser Nougat, de façon plus informelle.

Un travailleur comme les autres
Un petit temps de jeu, toujours apprécié par Nougat.

« Grâce à Nougat, les jeunes ont beaucoup plus envie de s’exprimer. Sa présence les apaise, les rassure », observe avec tendresse Christiane Demonet, la directrice de l’IME. Nougat intervient pour des ateliers cirque. « Il passe dans un cerceau ou va chercher la balle », illustre Emmanuelle Bédée. Une représentation est en préparation pour le festival Bric et Broc, ainsi que pour la journée d’accueil des familles à l’IME, le 14 juillet.
Nougat est également sollicité pour l’atelier motricité. Avec lui, il est plus facile de convaincre enfants ou adolescents de sortir, voire de jouer ou courir. L’atelier toilettage, testé récemment, a également permis de laver le Golden retriever qui préfère largement les flaques de boue… « C’est un moyen d’aborder les questions d’hygiène. On peut aussi parler des émotions, de ce qu’il ressent, de ce que l’on ressent soi-même. Avec Nougat, tout est possible », reprend Emmanuelle Bédée.
Pour Nougat, ces activités sont un vrai travail. Il a donc droit à des séances de 20 minutes maximum et de temps de repos spécifiques, liés à ses besoins naturels. Il a également besoin de se défouler en courant, sautant et se roulant dans les feuilles mortes… « Les chiens sont des éponges à émotions. Ils ont besoin de se décharger. » Pour cela, Nougat fait le fou. Et que c’est plaisant à regarder…

Sylvie C. Staniszewski
s.chapron@jhm.fr

 

La genèse du projet

A l’IME de Brottes, on travaille avec des animaux depuis pas mal de temps, notamment pour l’équithérapie. Un chat avait élu domicile dans l’établissement pour le plus grand plaisir des enfants… Avant de repartir – les chats sont cruels ! – vers d’autres horizons. L’idée d’avoir un chien à demeure a fait son chemin, comme le raconte la directrice, Christiane Demonet. « L’économe de l’établissement avait un petit chien, qui venait au bureau. Il était très calme et assez âgé. Les enfants venaient souvent le voir. En juin 2018, une intervenante est venue au festival Bric et broc avec un chien : nous avons vu l’effet sur les enfants ! C’est à partir de cette période qu’est né le projet… J’ai lancé un appel pour savoir si l’un des salariés était intéressé pour suivre une formation et avoir un chien. » Emmanuelle Bédée, aide-soignante, s’est manifestée et des contacts ont été pris avec l’association Handi’chiens. Laquelle association a proposé le chien adéquat, Nougat, officiellement remis à sa maîtresse en novembre.

En quête d’un sponsor

Nougat a été remis gratuitement à l’établissement par l’association. Pour autant, tous frais compris, il coûte environ 5 000 € par an. « Nous cherchons un sponsor ou un mécène », lance Christiane Demonet.