Laura a appris les différentes techniques d’éducation canine. Ici, elle entraîne la chienne Mafia à passer des obstacles.

La Mission locale a mis en place des séances d’éducation canine pour les jeunes qu’elle suit, en partenariat avec le club canin ESC-UJB et le refuge Andrée-Guérin “Nos amies les bêtes”. Le but : utiliser la médiation animale pour retrouver confiance en soi.

« J’adore les animaux, alors je n’ai pas hésité une seule seconde à participer.  » Mafia, une petite chienne de 3 ans, a beau tirer sur sa laisse, Laura s’est déjà attachée. Cette fana des animaux participe à un atelier de la Mission locale qui utilise la médiation animale pour booster la confiance en soi. Hier (le 29 novembre 2019, Ndlr), à 14 h pile poil, sept jeunes ont retrouvé leurs compagnons à quatre pattes pour une séance d’éducation canine d’une heure, sur le terrain du club canin de l’ESC-UJB (Education et sports canins). De profils différents, ils sont suivis par la Mission locale, une structure qui s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans en recherche d’emploi et de formation. Laura, 21 ans, bénéficie d’un suivi depuis le mois d’octobre.

Les jeunes ont participé à la quatrième séance de l’atelier, hier. En tout, six séances à l’extérieur sont organisées.« Ces séances permettent aux participants de reprendre confiance en eux, mais aussi de montrer qu’ils ont des comportements professionnels et qu’ils respectent les consignes. Par exemple, je leur dis que la séance démarre à 14 h. Mais il faut être là avant… Il y a aussi des règles de sécurité à observer », explique Murielle Moizy, conseillère en insertion professionnelle, qui connaît bien le monde de la médiation animale. « Cela leur donne aussi l’occasion d’avoir un lien avec l’extérieur. »

« Les jeunes se prêtent au jeu »
Les jeunes ont participé à la quatrième séance de l’atelier, hier. En tout, six séances à l’extérieur sont organisées.

Sur le terrain, les jeunes ont le sens des responsabilités. A l’aide de friandises, ils entraînent leurs chiens à passer des obstacles ou à s’assoir. Ils s’exercent aussi aux rappels. Les toutous sont souvent récompensés par des caresses. Les participants ont le même animal depuis la première séance. Si un lien affectif se crée, Murielle Moizy rappelle qu’à la fin, le but n’est pas de les adopter.
L’atelier, une première pour la Mission locale, semble déjà porter ses fruits. « Les jeunes se prêtent au jeu et ne rechignent pas », continue la conseillère. Ce n’est pas Juliette qui dira le contraire. « Etre en groupe et autour du chien, ça nous rapproche », confirme la jeune de 20 ans, de Montier-en-Der. Il suffit d’un regard et d’un doigt levé pour que Loki, âgé de 4 ans, s’assoit. « Il est compréhensif, adorable. Je crois qu’il me reconnaît maintenant ! » Juliette, en recherche de formation, est dans son élément. « J’aimerais travailler avec les animaux, les secourir. Dans un refuge, par exemple. » Contrairement à Juliette, tous ne veulent pas travailler dans ce domaine. Laura aimerait plutôt s’orienter vers le médical. En tout cas, les participants sont tous volontaires. « Je ne connaissais pas les techniques », avoue Laura, qui se sent bien au contact des animaux.
Cet atelier est mené en partenariat avec l’ESC-UJB (des personnes du club sont présentes pendant les séances) et le refuge Andrée-Guérin, qui prête les animaux. « Nous avons demandé des chiens sociables avec l’homme et qui ne sont pas réactifs. » Les effets positifs se font aussi ressentir auprès d’eux. Si certains étaient craintifs au début, ils ont maintenant bien pris leurs marques.

Clotilde Percheminier

c.percheminier@jhm.fr