Fin 2016, Fanny Gérouville ouvrait l’écurie de la Vingeanne, à Verseilles-le-Haut, qui reste à dimension humaine. Elle rencontre un réel succès, sans parler de ses performances en saut d’obstacles.
L’itinéraire de Fanny Gérouville est pour le moins original avec un rapprochement inexorable, au fil des années, vers sa passion, les chevaux. Toute petite, tous les animaux étaient bons à être montés : âne, poney puis chevaux avec le premier d’entre eux, Léo de Padoue, 15 ans et aujourd’hui à la retraite.
Fanny Gérouville est originaire de Nancy. En 2005, alors qu’elle a 20 ans, la rencontre avec Thomas l’emmène en Haute-Marne qu’elle ne quittera plus, à Longeau puis à Verseilles-le-Haut. Assistante de direction et engagée chez les sapeurs-pompiers de Longeau, elle vit comme une frustration de laisser les victimes d’accident à l’hôpital sans en savoir plus. En 2010, elle obtient son diplôme d’infirmière et travaille en réanimation néonatale.
En 2015, le 14 juillet, la conversation, autour d’un verre à Verseilles-le-Bas est un véritable tournant. Thomas et elle rencontrent un propriétaire foncier, visitent un terrain de 2 hectares. Ce qui paraissait impossible devient réel : ouvrir une écurie en partant de rien dans un secteur géographique qui n’était pas spécialement demandeur de ce type d’activité. D’ailleurs, elle remercie la ferme de La Losne pour avoir cédé cette parcelle. Elle se souviendra, néanmoins, des difficultés administratives pour mener à bien le projet. Elle parle « d’un an de galère et d’un combat, en France, pour créer une entreprise ». Elle évoque notamment la frilosité des banques, le document qui manque toujours et encore ou les aides financières qui ne sont pas accordées.

L’âme et l’esprit

Malgré ces avanies, Fanny Gérouville a donné une âme à cette écurie : une petite structure conviviale, familiale où chacun se sent bien et s’entraide. Son succès est également dû à son emplacement, à proximité de forêts et dans une ambiance cocooning et rassurante pour les parents qui y déposent leurs enfants. L’amour de Fanny Gérouville pour les chevaux transparaît. Elle va au-delà des soins traditionnels avec un œil assidu et attentif sur leur santé. Elle accueille, actuellement, 80 licenciés. Avec Juline Lhuillier comme monitrice en autoentreprise, l’écurie propose des cours de monte, participe à des concours, organise des randonnées et va jusqu’au débourrage des jeunes chevaux. Aujourd’hui, le site compte douze box pour les propriétaires qui mettent leur cheval en pension et un deuxième bâtiment est dédié au poney club. L’hiver dernier, Fanny Gérouville accueillait 25 chevaux. Un agrandissement dans les mois à venir devrait permettre d’ouvrir cinq box supplémentaires.

Elle aimerait également « rallonger le manège ». Elle conclut en parlant des multiples vertus des chevaux. Pratiquant l’équithérapie, elle parle de rapports intimistes avec cet animal qui est un très bon médiateur. A leur contact, des enfants hyperactifs ou épileptiques sont métamorphosés. « Le cheval oblige à une certaine retenue et donne le sens des responsabilités. » C’est ainsi que, pour Fanny Gérouville, « c’est tous les jours dimanche pour aller bosser ».

Frédéric Thévenin

Retour en concours

Fin juillet, Fanny Gérouville a participé, après quinze ans d’absence, à un concours de saut d’obstacles. C’était à Lamotte-Beuvron, dans le Loir-et-Cher, dans la catégorie “Club 2 senoirs excellence”. Sur 97 participants, avec “Une de Melville”, elle est arrivée sixième. Son objectif est désormais de monter d’un cran pour cette nouvelle saison. Elle aimerait atteindre le “Club élite” dans deux ans.