Un troupeau, composé de sept bovins, est arrivé depuis deux semaines (mi-juillet) déjà sur le terrain de l’ancien camping, rue Paul-Bert. Avec pour mission : paître l’herbe et remplacer les tondeuses. Depuis, tous les bovins se sont mis au travail dans la bonne humeur. Voilà une belle initiative d’écopâturage urbain de la Ville qui favorise la biodiversité. Mais pas que.
Il faut voir cette image, elle est des plus bucoliques. A l’entrée du centre-ville bragard, une petite dizaine de bovins broute tranquillement l’herbe du champ de l’ancien camping, situé impasse Paul-Bert. D’ailleurs, cela n’échappe pas à quelques curieux qui sont du matin, car la journée, par cette chaleur, difficile de les apercevoir. La scène est apaisante. Le dessin est champêtre, comme on n’en voit pas tous les jours dans les rues de Saint-Dizier, où en ce moment, c’est plus souvent le béton qui fleurit.
Ceux qui ont des bons yeux peuvent faire le calcul : « Je vois cinq vaches, un veau et un taureau », énumère Nicole Aubry, adjointe à la mairie en charge de l’Administration générale qui est ravie d’amener un peu de campagne dans la ville, « ou de la ville à la campagne », sourit-elle.
En tout cas, le compte est bon pour l’élue. Le troupeau arrivé il y a deux semaines se compose bien de sept bovins.
« Toutes des limousines, une race de vache allaitante laitière à vocation bouchère », précise Eric Gavier, responsable des Espaces publics à la Ville. L’homme est à l’origine de la venue du troupeau car il milite farouchement pour cette solution d’entretien 100 % écolo.
« L’écopâturage est un mode de gestion doux de la nature qui permet le développement de la biodiversité grâce à la (re)colonisation de la faune et de la flore », assure ce dernier avant que Rachel Bedet, responsable du suivi des végétaux ne rajoute un autre avantage non négligeable : « Cela limite l’empreinte carbone de l’entretien mécanique. »

« Ne sont-elles pas heureuses ici ? »

Jusqu’à début octobre maximum, les tondeuses iront donc se faire voir ailleurs. Enfin se faire paître, dans ce cas précis. Puisque le troupeau va s’employer, au gré de ses déplacements dans le champ, à y couper l’herbe et toutes les autres plantes qui s’y trouvent avec un appétit qu’on imagine gargantuesque.
Et avec une parcelle de quasi quatre hectares, les bovins ont de quoi faire. « De l’ombre, de l’herbe, et un accès direct dans la Marne pour se rafraîchir : ne sont-elles pas heureuses ici ? », se félicite Eric Gavier, qui a conclu un accord avec l’agriculteur propriétaire des bêtes. « La Ville met à disposition le terrain et le foin et en échange l’éleveur qui habite Saint-Dizier met ses animaux à disposition. C’est du donnant-donnant », se félicite le responsable des Espaces publics, qui renchérit : « L’écopâturage, ce n’est pas uniquement du folklore ».
Et oui, cette opération n’est pas là pour faire jolie. « L’écopâturage est très utile dans une zone humide (lire par ailleurs) qui est une interface comprenant un milieu aquatique (la Marne). La biodiversité qui y est importante et la vie microbienne très riche seront ainsi maintenues », explique Rachel Bedet, qui ne tarit pas d’éloge sur cette solution 100 % naturelle.
A des endroits où le terrain était trop mou pour les tondeuses qui ne pouvaient pas
passées, les vaches, trouvent aisément leur bonheur.
Un petit conseil : mieux vaut ne pas trop s’accrocher du troupeau de vaches, car le taureau n’est jamais bien loin, et il peut vite voir rouge.

J.R.
j.rattier@jhm.fr

« On se croit dans le Jura »

Certes, il manque un peu de relief, mais avec cette prairie de l’ancien camping et les bovins qui paissent, l’idée y est.
Cette phrase vient d’un couple de retraités, qui comme de nombreux Bragards, observe la scène « apaisante » durant plusieurs minutes chaque jour.

C’est quoi une zone humide ?

« Il faut en prendre soin », assure Eric Gavier, en parlant des zones humides. Ces dernières sont très importantes pour la nature. « Elles ont la capacité de retenir l’eau, de la stocker et ainsi de limiter les crues et inondations », explique Rachel Bedet. Les plantes qui la composent ont la capacité de filtrer l’eau et absorbe une partie de la pollution.
C’est un rapport du Conservatoire régional des espaces naturels, rédigé en 2017, qui préconisait l’usage de l’écopâturage pour sauvegarder au mieux les zones humides. Pour celle de Paul-Bert, des spécialistes de l’environnement dénombrent 26 espèces d’oiseaux, sept espèces de libellules, 14 de papillons et des insectes en tout genre, ainsi que des ragondins.