Michel Delanne exploite 200 ruches qui ont donné ce miel d’acacia, médaillé d’or à Paris.

La première participation de Michel Delanne au Salon de l’agriculture a été couronnée de succès. Il a été récompensé par une médaille d’or au Concours général agricole. De quoi donner des ailes à l’apiculteur langrois.

Il a fait de sa passion son métier, et bien lui en a pris même si ce sont des raisons économiques qui en ont décidé. Michel Delanne travaillait à la Base de soutien du matériel de l’armée de Terre, la Bsmat, située dans la Citadelle.
Au moment où le ministère de la Défense décide de fermer les portes, se pose la question à Michel Delanne d’accepter une mutation. « Je n’avais plus trop envie de bouger », explique-t-il.
Nous sommes alors en 2014 et, depuis 1983, Michel Delanne nourrit une passion pour l’apiculture. Après en avoir discuté avec des professionnels, il décide de s’installer en 2015. D’une dizaine de ruches, il augmente le cheptel pour passer à 200 ruches et il crée les Ruchers du plateau de Langres.
Ils recherchent de nouveaux sites pour installer de nouvelles ruches, leur emplacement fait l’objet d’un soin particulier car la présence de tilleuls, d’acacias ou de prairies à proximité est l’assurance de nourrir les abeilles et de produire du miel. Les ruches du plateau de Langres exploitent dans un triangle entre Auberive, Occey et Langres.

Consécration

Il lui vient l’idée de présenter un miel pour le prochain Concours général agricole qui se tient pendant le salon de l’agriculture en février. Il sélectionne un miel d’acacia. « Il a bon goût, très parfumé comme on en fait un tous les dix ans. Ça valait le coup de tenter », souligne Michel Delanne.
Et il a très bien fait puisque le jury lui attribue une médaille d’or. Une véritable consécration pour l’apiculteur et surtout les commentaires des jurés confirment qu’il a produit un miel d’une grande qualité, très parfumé.
Cette récompense lui donne des ailes d’autant que le retour des consommateurs ne s’est pas fait attendre. « J’ai des retours au niveau des ventes, sur les marchés on me dit : “on a lu que vous avez eu une médaille d’or, alors on vient vers vous », raconte Michel Delanne. Le miel de tilleul couronné se vend comme des pains… d’épices. Mais il n’en a que 400 kg qui seront vite partis au rythme des ventes.
Michel Delanne est déjà dans la production de l’année, cela tire même à sa fin. « J’ai fait une très belle première récolte de printemps. Puis, il a fait froid et les abeilles ont un peu moins travaillé pour le miel d’acacia.
En ce moment, elles sont sur les fleurs de tilleul, c’est ce qui fera certainement la miellée de l’année car il y a beaucoup de fleurs », constate l’apiculteur piqué par sa passion.

Ph. L.
p.lagler@jhm.fr

 

Une année à essaimage

L’hiver particulièrement doux aura contribué à ne pas affaiblir les essaims d’abeilles. Au contraire, tous les apiculteurs constatent une année exceptionnelle d’essaimage.
Les abeilles se sont multipliées et de nouveaux essaims se sont créés. « Il y a un dicton qui dit que les années à pissenlit sont des années à essaimage », rapporte Michel Delanne. Pour ce dernier, et pour tous les apiculteurs, c’est une véritable aubaine. Sur les 200 ruches de son cheptel, 70 n’ont pas passé l’hiver. « C’était pire lors de l’hiver 2017/2018 où j’ai perdu 150 ruches », rappelle l’apiculteur langrois. A plusieurs reprises, Le JHM s’est fait l’écho d’essaimages parfois surprenant comme ceux retrouvés posés sur une voiture. Mais plus sûrement, c’est non loin de la ruche que les essaims ont été retrouvés collés sur une branche d’un arbre. « Cette année, les essaims ne sont pas allés bien loin. Ils se posaient et ne bougeaient plus. Ils étaient faciles à cueillir. Mais cela a demandé beaucoup de travail et de surveillance », indique Michel Delanne.
L’essaimage s’est déroulé entre le 25 avril et le 25 mai, pile pendant la période de récolte du miel.