La société autoroutière qui gère, notamment le réseau en Haute-Marne, est engagée aux côtés de la SPA dans la lutte contre l’abandon des animaux singulièrement en période estivale. La communication via les réseaux sociaux cartonne.
L’abandon d’animaux domestiques est en augmentation en France : 100 000 en 2018 et + 30 % déjà entre janvier et mai. Ces animaux laissés sur le bord de la route ne sont pas un mythe mais bien une réalité. APRR ne communique pas sur le nombre d’animaux retrouvés sur son réseau. Mais il y en a comme le confirme Nicolas Contant, responsable du pôle communication digitale chez APRR. Il détaille ce qui est une triste réalité. « On retrouve des animaux morts, d’autres qui errent sur les aires de repos ou de service mais aussi des animaux mutilés à qui on a voulu enlever la puce pour ne pas être identifié. Ce sont surtout des chiens que l’on retrouve, il y a 8 à 9 % de chats. »

Humainement, cette réalité n’est pas admissible et, pour l’exploitant autoroutier, ces abandons posent aussi d’évidents soucis de sécurité, « pour les personnels dont les patrouilleurs mais aussi pour les automobilistes lorsque les animaux se retrouvent sur les voies », précise Nicolas Contant.

APRR mise ainsi sur la communication pour tenter de prévenir ce type de comportement. Voilà deux ans qu’un partenariat avec la SPA existe. L’idée de la société APRR : collecter des fonds pour la Société protectrice des animaux tout en sensibilisant le grand public sur l’abandon. Les réseaux sociaux ont été largement utilisés. « En 2017, nous avons mis en ligne une vidéo et à chaque partage nous nous engagions à verser 1 € à la SPA dans la limite de 20 000 partages. » Bingo ! La vidéo a cartonné, « 5 millions de partages et 20 millions de vues » et 20 000 € ont ainsi été donnés à la SPA.

#APRRcontrelabandon
Le sujet est sensible lors des grands départs en vacances.

En 2018, une autre vidéo a rencontré autant de succès et a permis d’octroyer à la société de protection des animaux quelque 40 000 € pour l’aider dans sa lutte contre l’abandon. « La SPA nous a dit que le facteur premier de l’abandon est un problème d’éducation de l’animal, c’est-à-dire que des gens pensent que leur chien est ingérable », indique Nicolas Contant.

Ainsi, APRR a développé des animations sur certaines aires d’autoroute : un rendez-vous pour les chiens et leur maître en présence d’un éducateur canin. Cette année, cette animation sera de nouveau présente les samedis de grands départs du côté de Mâcon, sur l’aire de La Chaponne, dans l’Yonne, ou encore sur l’aire de Porte de la Drôme.

Côté réseaux sociaux, ce sont les selfies avec l’animal de compagnie accompagnés du hashtag #APRRcontrelabandon qui peuvent permettre à la SPA de percevoir de l’argent. « Notre objectif », rappelle Nicolas Contant, « est de faire baisser les abandons ».

C. C.
c.clement@jhm.fr

 

En Haute-Marne, ça reste « à la marge »

APRR à Semoutiers nous confirme que, sur le secteur autoroutier haut-marnais, les abandons d’animaux restent « très à la marge ». Il est clair que l’estivant mal intentionné n’attend pas d’avoir fait plus de 200 km pour abandonner son animal, s’il vient de la région parisienne par exemple. « Les autoroutes proches des grandes agglomérations sont plus concernées », nous dit-on logiquement à APRR. En Haute-Marne, on a plus affaire avec des animaux qui s’échappent ou alors, en période de chasse, des chiens qui se sont égarés. En tout cas, à APRR on salue le partenariat entre la société d’autoroute et la SPA. Outre la sensibilisation et la prévention, ce lien semble faciliter la vie des équipes sur le terrain lorsqu’il faut organiser la prise en charge d’un animal retrouvé. Cela semble moins compliqué aujourd’hui qu’avant « où c’était au bon vouloir de la commune sur laquelle l’animal était retrouvé. »

S. C.-S.

Plus d’animaux qui s’échappent

Sur l’aire de service de Noidant, même constat qu’à Châteauvillain. Ce sont surtout des animaux qui s’échappent qui sont parfois retrouvés.
« Avec le monde qui passe, les chauffeurs routiers, les étrangers qui s’arrêtent et les caméras de surveillance, ce n’est pas ici que les personnes qui veulent abandonner leur animal le font. » Mickaël travaille à l’Autogrill sur l’aire de service de Noidant sur l’A31 dans le sens DijonNancy. Il sonde ses collègues autour de lui dont l’une travaille là depuis 30 ans. Elle confirme qu’elle n’a pas vu de cas d’abandons à cet endroit précis de l’autoroute, pas de chiens attachés à des arbres. « Ceux qui veulent abandonner leur animal le font à l’abri des regards alors plutôt sur les aires de repos. » Le plus courant, « ce sont donc les gens qui font une pause et dont l’animal s’échappe. Souvent des chats », relate Mickaël. Et parfois, ils repartent sans avoir retrouvé leur animal de compagnie. « Il nous arrive d’imprimer à leur demande des affichettes avec leurs coordonnées si toutefois quelqu’un voit leur chat », explique Mickaël… Sur l’aire de Noidant, il y a un chat qui a pris ses quartiers.

C. C.