La première matinée de conférences-débat sur le cheval intitulée “Des chevaux, des hommes et des territoires” s’est tenue en mai au lycée agricole Pisani. Ce sont huit étudiantes qui ont tout organisé. Même si le public était restreint (moins d’une trentaine de personnes), le débat était bien là.
Le cheval peut être très important dans le secteur­ de l’agriculture. Convaincues, huit étudiantes en BTSA productions animales au lycée agricole Pisani, ont organisé une matinée consacrée au cheval. Elles ont tout géré de A à Z et ont réuni des intervenants sur ce sujet. Environ 25 personnes, tout public ou agriculteurs se sont réunis sur place pour cette occasion.
Si le nombre de participants peut paraître bas, le débat n’en a pas moins été intéressant. La matinée était pensée pour que chacun puisse s’exprimer et poser les questions qu’il souhai­tait. Pascal Landréat, maire de Pont-Sainte-Marie, a présenté le projet de sa commune. Depuis maintenant une dizaine d’années, le cheval est utilisé pour des tâches commu­na­les telle que le ramassage de poubelles de tri. Pour lui, tout ne peut se faire que grâce à une volonté politique et surtout grâce à un projet à voir sur le long terme. « Je suis maire aujourd’hui mais demain, je ne sais pas. Par contre, je souhaite que le cheval reste dans la ville. C’est un projet de territoire. Il y a une réflexion à avoir sur le modèle économique qu’on veut créer. Ensemble, on peut trouver des solutions », a-t-il expliqué.

Pour le tourisme

Hervé Parmentier, directeur du GIP du futur Parc national, mise également sur le cheval. Pour lui, le Parc est une opportunité. Le cheval peut permettre d’accueillir et d’informer les visiteurs, de leur proposer un moment de détente mais aussi d’entretenir les milieux naturels. Il a une place dans le futur Parc. Ce qui ressort de ces différentes interventions, c’est que l’utilisation du cheval dépend de la volonté. Ainsi, en début de matinée, le documentaire “Chevaux de terre, une énergie renouvelable”, on voit un producteur de lentilles­ bio utiliser des chevaux. Marie-Claude Bénard explique que cet homme a dû prendre sa retraite. L’exploitation existe toujours mais sans chevaux. « C’est un choix de vie. Il revendiquait sa rentabilité mais à condition d’y mettre l’énergie », résume-t-elle.
Ce documentaire a bien plu à l’assistance qui l’a fait remarquer. Ainsi, l’un des spectateurs n’a pas pu s’empêcher de faire le lien avec sa vie. Pendant un temps, notamment après la tempête de 1999, il a travaillé avec deux chevaux ardennais pour faire du débardage. « J’ai essayé de le promouvoir mais la hiérarchie n’a pas suivi », regrette-t-il. Pour lui, « un cheval­ n’est ni un animal ni un outil mais un compagnon. » Il ne faut même pas chercher à comparer le cheval et la mécanique. « Ça n’a rien à voir. Le premier ne pollue pas déjà, il peut travailler quelles que soient les conditions » mais n’a pas les mêmes rendements. « Il faut que cette activité, avec le cheval, soit subventionnée. » Par son intervention, il a anticipé celle de Geneviève Bigot, chercheuse. D’après ses recherches, les professionnels qui utilisent le cheval le font d’abord par passion. Malgré cela, le nombre de chevaux de trait baisse en France. Entre 2007 et 2017, le cheptel a baissé de moitié.

Laura Spaeter
l.spaeter@jhm.fr