Installée depuis cinq ans en Haute-Marne, dans le tout petit village de Lamargelle-aux-Bois, à 13 km d’Auberive, Sophie Hervieu mène de front un travail et une passion, celle d’élever des alpagas. La tonte de printemps est passée. Douce, légère et naturelle, la laine produite est étonnante.

C’était il y a bientôt un mois (Ndlr : en mai). Chez Sophie  Hervieu, c’était jour de tonte ! Pas de la pelouse mais de ses chers alpagas. Ce n’est pas la même technique que pour un mouton.
Ainsi, l’éleveuse fait appel à un professionnel qui vient de Bretagne et qui est spécialisé dans la tonte de ces petits camélidés originaires d’Amérique du Sud. Il va partout en France, d’élevages en élevages, pour “prélever” la laine.
Car, autant le préciser, Sophie Hervieu n’élève ses alpagas ni pour la viande ni pour le lait
mais uniquement pour la laine. Certains alpagas sont tondus une fois par an, d’autres moins
souvent. Au sein de l’élevage d’Orival, le seul dédié à l’alpaga en Haute-Marne, on retrouve
deux espèces : le huacaya (c’est celui qui ressemble à un gros nounours) et le suri que
l’on reconnaît à son poil long qui tombe le long du coup.
« Ils ont des caractères différents», nous explique Sophie qui est tombée sous le charme de ce petit camélidé « doux et joli ». « C’est un animal très curieux », raconte Sophie.
Pour autant, il ne faut pas s’imaginer les caresser comme des chiens ou des chats. « La caresse, ils n’en voient pas l’intérêt », précise-t-elle. Dans le troupeau, une trentaine de bêtes en ce moment, il y en a un qui cherche le contact avec l’homme, les autres s’approchent mais gardent toujours leurs distances.

Il ne peut pas vivre seul

C’est le bien-être de ses alpagas qui guide l’activité de Sophie passionnée par les animaux. On imagine son emploi du temps bien chargé car, en parallèle de son élevage, elle travaille au sein de la communauté de communes d’Auberive, Vingeanne Montsaugeonnais. Cette année, il n’y a pas de reproduction prévue au sein de l’élevage mais certaines années, c’est le cas. « Je vends quelques animaux », explique Sophie Hervieu. Mais elle les vend toujours par deux car l’alpaga est un animal grégaire qui ne peut pas vivre seul. Sophie se refuse à ce que l’un de ses animaux se retrouve seul quelque part.
L’éleveuse participe aussi à quelques concours : l’alpaga est jugé par rapport à la qualité de sa laine. En s’approchant de l’animal, on voit mieux la brillance du poil dont parle très bien Sophie Hervieu. Les quantités de laine produites ne sont pas énormes. Comptez 2 à 2,5 kg de laine par an. « Ensuite je la trie », précise Sophie, « et après, la laine part en filature », explique l’éleveuse. Direction la Belgique ou l’Alsace, « là, je travaille avec un groupement d’éleveurs », indique Sophie Hervieu. La laine reviendra en pelotes. L’avantage avec l’Alpaga, c’est que les teintes sont naturelles et nombreuses.
« C’est une laine extrêmement qualitative », nous explique Sophie Hervieu, « elle est très légère et très chaude à la fois. Il y a beaucoup d’air, c’est une matière très isolante et très résistante », ajoute l’éleveuse.

« Une fierté à produire quelque chose »

À l’heure où l’on sent une envie de retour à des choses durables, écologiques et très naturelles, la laine d’alpaga a une carte à jouer. Sophie Hervieu attend avec impatience l’ouverture du Parc national qui lui permettra sûrement d’entrevoir de nouveaux débouchés. Pour l’heure, sa laine est disponible à la vente chez elle et sur quelques marchés.
Sophie Hervieu va aussi de s’inscrire à la boutique Made in Pays de Langres pour faire découvrir ses produits. « Il y a une fierté à produire quelque chose », confie l’éleveuse. Elle voue une passion à ses alpagas, « ils sont tous différents et très attachants », aime-t-elle rappeler.

C. C.

Contacts : Les Alpagas d’Orival,
3, rue Basse à Lamargelle-aux-Bois.
Pour tous renseignements :
e-mail : alpaga.orival@gmail.com ;
tél. 06.75.03.57.36.