Nala est un labrador de deux ans. Elle est arrivée il y a plus de deux semaines à l’hôpital André-Breton. C’est un médiateur dans certaines thérapies.

Certaines unités de l’hôpital André-Breton bénéficient maintenant d’une aide précieuse dans les thérapies : un chien d’accompagnement social. Arrivée il y a plus de deux semaines (début mai) , Nala a déjà conquis les cœurs.

Cela fait déjà deux semaines et demie que son pelage doré offre un petit rayon de soleil à l’hôpital André-Breton. Nala est un labrador de deux ans. Chien d’accompagnement social, elle a été éduquée par l’association Handi’chiens. Dorénavant, elle intervient dans les unités de gériatrie (Rives de Marne et le Verger) mais aussi au sein de l’unité de Soins de suite et de réadaptation (SSR) et de l’accueil­ de jour pour les person­nes souffrant de pathologies Alzheimer. « Un animal crée de l’humanité dans notre établissement. Parce que, grâce à Nala, tout le monde se parle : les équipes, les résidents, les services techniques. C’est fabuleux », se réjouit Béatrice Glegola, cadre supérieure de santé, qui a soute­nu ses collègues.
Le projet a été porté de main de maître par Ophélie Matuchet, ergothérapeute, et Anne-Christine Labye-Libion, neuropsychologue. Elles y ont travaillé pendant près de deux ans : demandes de subven­tions, remplissage de dossiers­… Elles ont aussi bénéficié de formations, divisées en deux modules, et financées en partie par deux Lions Clubs locaux (Saint-Dizier Grand Der et Saint-Dizier 2 000). Les professionnelles de santé ont notamment passé une semaine dans la montagne près de Grenoble, pour se familiariser avec Nala et la ramener. Elles sont aussi aidées financièrement par le Fonds pour les soins palliatifs (FPSP) et la Fondation des Hôpitaux de Paris – Hôpitaux de France, à travers l’opération “+de Vie”. L’association Handi’chiens s’assure du suivi et du bon traitement de Nala.

Un rôle ludique
Anne-Christine Labye-Libion et Ophélie Matuchetont travaillé pendant deux ans pour avoir Nala.

Anne-Christine Labye-Libion et Ophélie Matuchetont travaillé pendant deux ans pour avoir Nala.À l’hôpital, l’animal fait la diffé­ren­ce. « C’est surtout dans la prise en charge des soins pallia­tifs, des personnes en fin de vie, que je l’utilise », décrit la neurop­sy­cho­lo­gue. « Elle peut monter sur un lit tout doucement et accéder à la tête d’une personne sans lui faire mal. Pour moi, elle est un médiateur. Mais elle a aussi une mission auprès des familles, elle permet de les apaiser. »
Le chien d’accompagnement social interagit sur le plan émotionnel, avant tout. « Avec Nala, il y a le contact du pelage, le fait qu’on puisse entendre les battements de son cœur… », liste Ophélie Matuchet. Tant de détails qui peuvent changer la donne pour les personnes en fin de vie. « Avec moi, elle a un rôle plus ludique », continue l’ergothérapeute. « À travers des animations et activités de groupe, elle permet de susciter la motivation, pousser les gens à refaire des mouvements. Car souvent, ils n’ont plus l’envie de faire certains mouvements. Elle peut aussi monter sur une table basse pour se faire toiletter. » Au contact des résidents, Nala peut débloquer certaines situations, car elle facilite la communication. Notamment avec des person­nes très angoissées.
Déjà familiarisée avec les lieux, Nala s’apprête à devenir incontournable dans le paysage hospitalier. « Elle est partie intégrante de la vie de la résidence », assure Ophélie Matuchet. Sa présentation, jeudi­ dernier, auprès du person­nel et des partenaires, n’a pas laissé de marbre. Chacun y allait de sa petite caresse. Nala fait les mêmes horaires de travail que ses deux nouvelles maîtresses, et rentre chez Ophélie Matuchet le soir. Anne-Christine Labye-Libion explique d’ailleurs que dans le cas d’un décès d’un résident dont elle s’occupait, Nala peut bénéficier de quelques jours de repos.
« Nala est là pour donner des émotions positives aux person­nes âgées. Cela fait partie des missions de notre établissement et elle fait vraiment partie de cette démarche », explique avec conviction la cadre supérieure de santé.

Clotilde Percheminier
c.percheminier@jhm.fr