Le samedi, au programme, il y avait notamment le montage d’un nichoir…

La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) organise, tous les deux ans, une Fête de la chouette, tout au long du  mois de mars, pour la faire mieux connaître et ainsi mieux la protéger. Samedi, pour la Nuit de la chouette, les animations ont battu leur plein, à Droyes, près de Montier-en-Der.

… et son installation.

Droyes a été choisi pour sa participation avec la commune des Rives Dervoises à une vaste action de préservation de la biodiversité mise en place par la LPO. C’est aussi un lieu où résident quatre des neuf espèces qui peuplent le territoire national. Samedi 9 mars, des animations de 15 h 30 à 22 h attendaient les visiteurs intéressés par cet oiseau mythique, parfois méconnu, autrefois mal considéré, et à ce titre persécuté et cloué sur les portes de grange pour conjurer le mauvais sort. Une centaine de personnes étaient présentes à la salle des fêtes de Droyes, l’après-midi, pour des ateliers encadrés par les responsables de la LPO. Certains venaient de loin, comme ce couple de Bourmont, Lionel et Mireille. Au programme, la fabrication de masques joliment colorés, l’observation de pelotes de réjection qui permet de constater l’utilité manifeste du rapace qui se nourrit de petits rongeurs dont on peut s’amuser à reconstituer le squelette. Là, le silence régnait, pas un souffle pour chambouler le puzzle en 3D, tandis que des tricoteuses réalisaient des chaufferettes à l’effigie de l’oiseau fétiche.
Puis, le montage d’un nichoir a attiré les curieux qui sont allés assister à son installation chez un particulier.

Balade nocturne

En fin d’après-midi, un diaporama attendait l’assistance, une occasion de réviser ses connaissances mais aussi de s’entretenir avec Etienne Clément, président de la LPO Grand-Est, qui en connaît un rayon sur ce thème qui lui est cher. La protection des oiseaux est corrélée à celle de leur environnement ; le développement de la biodiversité en préservant les milieux naturels tels que les haies et les mares font partie de ses chevaux de bataille. Un montage sonore permettait aussi de distinguer les chants des différentes espèces.
Puis, en route pour la balade nocturne dans le village. La patience a porté ses fruits puisque la repasse (enregistrements de chuintements) a attiré les rapaces dupés par les appels de leurs congénères. La procession attentive forte d’une soixantaine de noctambules a réussi à percevoir le chant de trois espèces, deux hulottes mâles qui marquaient ainsi leur présence à l’entrée du Bois d’Han, une chevêche et une effraie, ainsi que des oies. Seul le Moyen-Duc parmi les quatre espèces locales n’a pas fait entendre sa voix. En fin de circuit, le guide a enregistré les observations des participants sur une application (Faune Champagne-Ardenne) qui, grâce aux quelque 1 500 données reçues quotidiennement, peut suivre l’évolution des populations et leurs déplacements.

 

De notre correspondant Philippe Pierson

Espèces protégées depuis 1989

Tous les rapaces nocturnes sont protégés depuis 1989. Si l’on trouve un petit au pied de son nid, il faut l’y remettre. Les menaces sont l’abattage des arbres morts, l’aménagement des combles, les prairies mises en culture, la suppression des haies et assèchement des marais. Les oiseaux paient aussi un lourd tribut à la circulation des véhicules.