L’animatrice Sandrine Masson et Loden, un labrador de 4 ans.

Depuis quelques semaines, une activité “Médiation animale” a été mise en place à la centrale pénitentiaire de Clairvaux. Une action pleine d’enseignements pour apaiser les tensions autour de la vie en détention.

Depuis le 11 janvier, une activité “Médiation animale” a été mise en place chaque vendredi, à la Maison centrale de Clairvaux, en lien avec les infirmières de l’unité sanitaire. Vendredi 1er février, Sandrine Masson, directrice de La Ferme des Globes-Trotters (à Géraudot, dans l’Aube), est venue matin et après-midi avec quelques animaux : chinchillas, lapins, hamsters et Loden, un labrador de 4 ans. « Le matin j’interviens en cellule et l’après-midi avec cinq ou six personnes détenues pour une découverte collective des animaux ; je pense pouvoir venir plus tard avec un cheval, un poney, des ânes voire des chèvres et des moutons, pas tous en même temps évidemment ! Au printemps ! Et pas en cellule ! » Ce vendredi 1er février au matin, cinq détenus ont retrouvé ou découvert les petites boules de poils « très doux les chinchillas » et Loden. « C’est un chien d’assistance qui a suivi une formation pendant deux ans ; il sait répondre à 40 commandes qui vont de la plus simple : assis, à la plus difficile : rester couché avec une friandise sur une patte de devant et d’attendre le bon vouloir du maître qui donne la permission de la prendre ! » De quoi saliver. En passant par allumer la lumière dans une pièce… « J’ai préparé des pommes et des carottes pour eux ! » a annoncé un détenu, attendant avec une certaine impatience de pouvoir en offrir aux petits animaux. Un autre, pas peu fier, a constaté que Loden l’écoutait au doigt et à l’œil.

Pas de jugement

Une des infirmières a listé tous les bénéfices recueillis grâce à cette médiation animale : les animaux, à la différence des humains ne portent pas de jugement si bien que la relation avec les détenus est directe, ils apaisent, ils font du bien, ils rappellent des souvenirs chez les détenus. Quand ceux-ci ont eu un animal, c’est une véritable thérapie, un moment de liberté. Un détenu a fait la comparaison entre lui et les petits rongeurs en cage, entre la prison et la liberté. « Quand ils sont en cage, ils sont comme moi, en prison, maintenant, ils trottent sur le carrelage, en liberté ; ils m’apportent une bouffée de liberté. »
« Quand j’apporte une famille de lapins, on peut aborder la parentalité ; c’est très enrichissant ! » ajoutera Sandrine Masson qui propose sa médiation animale en maison de retraite, aux enfants en rupture avec l’école, handicapés… L’après-midi, lors de l’animation animale collective, « j’apprendrai aux détenus pendant deux fois une heure quels soins donner aux animaux, avec quels produits ; j’apprendrai même à nettoyer les oreilles du chien ! Eh oui, parce que ça se nettoie ! » a révélé Sandrine Masson. A noter qu’elle intervient aussi à la prison de Villenauxe (Aube). « Ça fait déjà un an et demi que j’y interviens et ça se passe très bien ! »
Nul doute qu’à Clairvaux où il y a de la demande de la part des personnes détenues et de l’unité sanitaire qui voit les bienfaits de l’intervention, ça se passera bien aussi. Chaque vendredi, Sandrine Masson et ses animaux sont attendus « car c’est un moment où on est dans la nature, forcément avec des animaux, où on oublie les murs et les barreaux ! », a dit une des personnes détenues, un chinchilla dans les bras.

De notre correspondant André Auguste

 

 

 

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