Les daims – qui sont une centaine – disposeront d’un enclos d’une centaine d’hectares.

Les daims de Châteauvillain seront bien dans un espace dédié, au sein du Parc de Châteauvillain, qui rouvre ses portes ce lundi.

Après cinq mois de fermeture, le Parc aux daims rouvrira ses portes aux visiteurs, lundi 4 mars. « Nous l’avons fermé durant l’hiver pour réaliser des travaux, abattre des arbres et assurer la régulation des daims », explique Nicolas Lacroix. Le président du Conseil départemental de la Haute-Marne s’est trouvé face à un sacré problème avec “l’affaire” des daims du Parc de Châteauvillain. Durant des années, les demandes de mise en conformité ont été ignorées (NDLR : de la part de son prédécesseur, Bruno Sido). Le daim étant un animal sauvage classé dans la catégorie des mordeurs, il ne peut rester en contact avec le public… Si bien que la centaine d’animaux persistant après la régulation de cet hiver devra désormais être séparée du public. « Nous avons ignoré les obligations durant des années… Mais cela s’est tout de même terminé dans le bureau du procureur. On ne peut pas ignorer la loi », commente Nicolas Lacroix.

Deux observatoires pour voir les daims

« Nous nous étions engagés à rouvrir le Parc, on va le faire », reprend Nicolas Lacroix. Lundi, les visiteurs pourront y venir. Les daims seront parqués « dans la zone du pavillon » où ils disposeront de suffisamment d’espace. Mais cet emplacement est provisoire. D’ici l’automne prochain, les daims prendront possession du centre du parc castelvillanois. Les promeneurs pourront faire tout le tour et les regarder à loisir grâce à deux observatoires qui seront installés. Cet enclos fera une centaine d’hectares, ce qui est correct pour le nombre de daims. Les manifestations locales (Castel Rétro, le 14 juillet ou Chasse et nature en fête) pourront toujours se tenir à l’entrée du Parc, du côté de la Porte Madame. Un système de clôture amovible permettra de repousser les barrières et de “mordre” sur l’espace des daims.
Comme l’exige la loi, Damien Debacker, vétérinaire, assurera le suivi sanitaire des daims du Parc en attendant que le capacitaire en cours de formation au Conseil départemental soit opérationnel.
« Des aménagements sont prévus à l’entrée du parc, notamment avec des tables. Dans les années à venir, un sentier permettra d’accéder aux abîmes », conclut Thomas Corvasce, missionné pour le projet Animal Explora. Car il ne faut perdre de vue qu’en juin, on saura ce qu’il en est de cet ambitieux projet touristique justement prévu au Parc aux daims. Et le président du Département l’assure, les daims y auront toujours leur place.

S. C.

 

 

De l’amertume

Les habitants de la commune de Châteauvillain et les habitués des promenades au Parc aux daims s’étaient mobilisés afin d’exprimer leur contrariété face à cette situation ubuesque où l’on qualifie un cervidé ruminant de “mordeur”. Maire de Châteauvillain et élue départementale, Marie-Claude Lavocat revient sur le sujet. « Il y a une réalité, il faut faire avec. Dans le village, on ressent pas mal d’amertume. Et c’est logique, car cette affaire est triste et touche à l’attractivité de Châteauvillain. Le daim est l’emblème qui nous sert à faire la promotion du Parc et de Châteauvillain. Il faudra que l’on communique différemment. Les habitués du Parc devront aussi se le réapproprier, de façon différente », détaille l’élue. Elle regrette que les daims ne puissent rester librement au contact du public, mais comme Nicolas Lacroix, elle peut dire « que tout a été étudié et ce n’est légalement pas possible ». Nicolas Lacroix a sollicité un avocat spécialisé sur ce sujet. « Nous aurions voulu faire un enclos cynégétique, comme celui de Rambouillet. Cela n’est pas possible. On ne peut plus laisser les visiteurs en contact avec les daims. Je le regrette, mais on n’a pas le choix. »
En attendant, le collectif constitué à l’automne dernier “le Daim libre” a prévu une mobilisation devant le Parc, dimanche 17 mars, à 14 h 30.

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