Jean Chevallier fait des pièges photo depuis six ans.

Fin 2018, Jean Chevallier, illustrateur photo installé à Châtillon-sur-Broué (Marne), a posté une vidéo sur son compte Facebook ; on y voit défiler plusieurs animaux du coin. Contre toute attente, en peu de temps, cette vidéo a été partagée plus de 120 000 fois et visionnée par des millions de personnes ! Rencontre avec l’auteur de la vidéo.

Si vous possédez un compte Facebook, il est fort probable que vous ayez visionné cette vidéo de 3,15 minutes, où on voit passer plusieurs animaux (chat, ragondin, oiseaux, rongeurs, couleuvre, sangliers, blaireaux et bien d’autres) sur un tronc, au-dessus de l’eau, à quelques kilomètres du lac du Der. Publiée le 29 décembre, cette séquence a été visionnée par 5,9 millions de personnes et partagée plus de 120 000 fois* ! « C’est la première fois que je fais un tel score. D’habitude, mes vidéos font 1 500, parfois 5 000 vues. Je ne m’attendais pas du tout à un tel engouement », confie Jean Chevallier. Une vidéo avec « des petites bêtes de chez nous », sans animaux exceptionnels « comme la fouine et le chevreuil », mais qui a le mérite de séduire les internautes, « même des Australiens ! ». Alors qu’à l’origine, il voulait simplement partager son année 2018 en images à ses amis. Originaire de région parisienne, il s’installe en Champagne il y a dix ans. « Je connaissais déjà le lac du Der, car c’est un endroit de choix pour les naturalistes. En plus, j’ai participé à la toute première édition du Festival international de la photo animalière et de nature, au début des années 1990, quand c’était encore un salon », se souvient-il.

Un condensé de six mois

Au début des années 2010, Jean Chevallier se met au piège vidéo. A l’aide d’un capteur doté d’un détecteur sensible à la chaleur et au mouvement, qu’il pose dans la nature pendant plusieurs jours sans déranger les animaux, l’illustrateur récolte ainsi un florilège de la vie sur ce “petit pont des bêtes”. « J’ai filmé pendant six mois, à partir de mars 2018 et en évitant les périodes de chasse », précise-t-il. Et d’ajouter : « Je pense que c’est la diversité qui a plu. Et moi, ça me plaît de faire autant de partages et de vues, avec quelque chose qui ne fait pas autant recette que des chatons ou autres félins. »

Carole Pontier

* Mercredi 9 janvier.

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