Les moutons ont décidé de faire demi-tour et sont retournés sur l’île.

La transhumance des moutons de l’île de Chantecoq devait avoir lieu vendredi 19 octobre. Après avoir fait une bonne partie de la route sous la direction de leur berger, les moutons ont décidé de faire demi-tour et sont retournés sur l’île, probablement fatigués par la chaleur.

Les 200 brebis et agneaux du troupeau de Frédéric Viaene, qui pâturaient sur l’île de Chantecoq au Der, devaient revenir chez eux vendredi dernier. Partis en début d’après-midi, les ovins ont fait demi-tour, presque au bout, pour revenir sur l’île qui les accueille depuis le 30 avril. Le berger, gérant de la société auboise Aube Trait Nature, les a guidés sur les 3 km séparant l’île de la digue.
Au pied de celle-ci, les moutons devaient franchir un fossé. Pourtant peu profond, les ovins n’ont pas réussi à aller au-delà, malgré les sommations de Frédéric Viaene et des efforts de son chien. Florian Millot et Yves Maupoix, de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), qui pilote l’opération, ont même mis la main à la pâte. Mais avec plus de 20 degrés, les animaux ont eu chaud, estime le berger. Et ils se sont vite fatigués. C’est ainsi qu’au bout d’un moment, quelques ovins se sont échappés et – tels des moutons de Panurge – le reste du troupeau les a suivis. Ils ont tous pris les jambes à leur cou et sont repartis sur l’île de Chantecoq – un site familier pour eux. Le berger avait beau ordonner à son chien de les rediriger vers la digue, trop tard : ils sont tous bel et bien retournés sur leur île. Têtus comme un âne dit-on… Un camion les attendait de l’autre côté de la digue pour les emmener au bercail. Il est reparti vide. La prochaine tentative se tiendrait mardi 30 novembre.
Les moutons étaient arrivés en barges il y a cinq mois mais pouvaient revenir à pattes car le lac est en décrue, en ce moment. Depuis 2009, grâce à des financements Natura 2000, l’île et ses 25 hectares sont entretenus de fin mai à début octobre, presque tous les ans, par des moutons. L’objectif est d’y maintenir un “milieu ouvert” pour les oiseaux, en particulier les oies cendrées. «Les moutons empêchent l’embroussaillement. C’est d’autant plus attrayant pour les oies et les grues», explique Florian Millot.

Clotilde Percheminier