Marie-Claude Le Suisse passe plus de deux heures tous les matins à nourrir les chats errants du quartier du Vert-Bois.

L’association L’amour des chats 52 peut se targuer de compter une bénévole dévouée dans ses rangs. Marie-Claude Le Suisse parcourt le Vert-Bois tous les jours, sans exception, pour nourrir les félins.

Marie-Claude ne prend pas de vacances, ni de congés. Elle ne manque jamais à l’appel. Cette retraitée de 67 ans, véritable amoureuse des félins, est sur le terrain dès 8 h 15, tous les matins, pour nourrir près de 40 chats errants au Vert-Bois.
Cela fait trois ans qu’elle s’en occupe. «Je ne connaissais pas ce quartier, avant !», avoue-t-elle. Pourtant, maintenant, elle en connaît les moindres recoins.

Une fille de la ferme

Marie-Claude a passé sa vie auprès des animaux. Née dans une ferme à Maurupt-le-Montois (Meuse), de parents débardeurs forestiers, elle a toujours côtoyé les animaux.
«Je dormais avec les veaux», se rappelle-t-elle, une pointe de nostalgie dans la voix. Ses anecdotes ne manquent pas : «A l’école, entre midi et deux, je prenais mon bocal et j’allais chercher des insectes». «Mon mari et moi sommes mariés depuis 47 ans. Une des premières choses que l’on a décidée avant la cérémonie a été de savoir quel chien on allait prendre ensemble.»
Avec fierté et émotion, elle se remémore la vie de Lucien, son bulldog anglais aux multiples consécrations.
«Maintenant, elle se consacre entièrement aux chats !», intervient Isabelle Péridon, présidente de l’association L’amour des chats 52. Cette dernière est née il y a un an et demi et depuis, s’attelle à capturer les chats errants pour les stériliser, les identifier et les mettre en règle pour l’adoption. Marie-Claude a alors décidé de se joindre à cette initiative, lors de sa création. La propriétaire de quatre chats connaissait bien la présidente.
La Bragarde nourrissait les chats errants depuis quelques mois déjà. Au début, il n’y avait que trois points de nourrissage. «Mais ça s’est agrandi petit à petit», continue-t-elle. Maintenant, quatorze arrêts se trouvent sur son circuit. Des cabanes ont été aménagées à certains endroits. Elle parcourt le quartier du Vert-Bois, connaît les noms des bâtiments tout autant que ses habitants. «Ça crée des liens», assure l’ange-gardien des matous. «C’est sûr qu’il y a des gens qui ont du mal à nous comprendre, et vice-versa. Dans l’ensemble, les gens sont gentils, il y a une bonne harmonie.»

«Je ne partirai pas en vacances»

Elle prend près de deux heures pour effectuer sa tournée. Croquettes, pâté, eau… Marie-Claude fait en sorte d’en donner assez pour une journée. Dans sa voiture, elle emporte près de 2 kg de croquettes par jour. Les nombreux sacs remplissent entièrement les sièges arrières. «J’ai quand même des préférences, certains ont plus de thon…» confie-t-elle. Elle reconnaît tous les félins, et se souvient des habitudes de la plupart d’entre eux. «Je ne mets pas du premier prix», dit la soixantenaire, qui peut compter sur de nombreux dons de la part d’associations comme le refuge Andrée-Guérin.
Quand elle rentre chez elle, Marie-Claude range tout, nettoie les gamelles, puis sort ses quatre chats. Directement, elle prépare la ration du lendemain. «Je coupe le jambon, que je mélange à la pâté…» décrit Marie-Claude, qui travaillait dans un cabinet de kinésithérapeute. Le reste de sa journée s’organise ensuite autour des chats et de l’association.
Mois après mois, l’amoureuse des animaux peut même observer des améliorations chez les chats qu’elle nourrit : «Ils ont le poil brillant !»
Eté comme hiver, Marie-Claude est fidèle au poste. Quand il faut y aller sous la neige, sous la pluie, ou quand il faut casser la glace dans les gamelles d’eau, elle est là aussi. «Je ne partirai pas en vacances», se résout-elle.

Clotilde Percheminier

La détective des chats

Marie-Claude Le Suisse est une des deux “enquêtrices”, pour l’association L’amour des chats 52. Elle possède déjà une carte attestant de cette qualité, qu’elle a très récemment renouvelée. Son rôle ? Si une suspicion de maltraitance animale surgit, la Bragarde peut se rendre chez les personnes concernées. «Il faut avoir beaucoup de diplomatie», dit-elle. «Quand il y a un danger immédiat, on appelle la police», ajoute Isabelle Péridon, la présidente de l’association. «C’est avant tout un rôle de médiateur», conclut-elle.

Comment adopter ?

Sur sa page Facebook “L’amour des chats 52”, l’association propose des chatons et chats adultes à l’adoption. Des photos sont régulièrement postées. Il est aussi possible d’appeler les membres à ces numéros : 06.86.78.56.67 ou 06.18.58.47.37.

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