Rencontre avec Agnès, de Saint-Dizier, et ses chiennes Letna et Arcale dans la truffière d’Isabelle et Philippe Devilliers du côté de Semoutiers.

Isabelle et Philippe Devilliers ne savent pas encore si leur truffière donnera ou non un jour des truffes ! L’attente est encore de mise. La patience est de rigueur dans ce genre de plantation. « C’est une véritable aventure », commente en souriant Isabelle Devilliers en parcourant les quelque 1,8 hectare de cette truffière plantée en 2011. Le « brûlé » autour des plants désormais bien poussés de noisetier, bouleau, tilleul, pin noir, charme – il y a sept essences différentes – est plutôt encourageant. Il est le signe que la mycorhization est à l’œuvre sous la terre. D’ici un à deux ans, les propriétaires en auront le cœur net et sauront si l’expérience est réussie. Hier (début novembre), la truffière était le terrain de jeu d’Arcale et de Letna, les deux chiennes d’Agnès, une amie du couple venue de Saint-Dizier. C’est une passionnée de nature et de chiens mais aussi de cavage. C’est d’ailleurs elle, avec sa plus jeune chienne Letna, âgée de 3 ans, qui fera des démonstrations de cavage lors de la fête de la truffe et du terroir demain à Richebourg.

Des championnes
Letna, la plus foncée et Arcale, la plus claire sont des lagotto romagnolo, une race particulièrement douée pour le cavage.

Tous les chiens, avec de l’éducation peuvent trouver des truffes, « ils ont 100 000 fois plus de cellules olfactives que nous », s’amuse à préciser Agnès. Après, certains chiens ont des aptitudes particulières. C’est le cas du lagotto romagnolo, chien d’eau venu d’Italie qui s’est transformé en chien truffier à l’assèchement des marais. Arcale et Letna sont de cette race et leurs aptitudes ne sont plus à prouver. Arcale a participé aux championnats de France en 2011 et Letna s’est classée 5e au concours national de recherche naturelle en février 2017. Une très belle performance pour cette petite chienne joueuse au poil doux et laineux.
Hier, les deux chiennes d’Agnès ont joué, toutes contentes qu’elles étaient de courir
dans la truffière. Il n’empêche, elles ont rapidement trouvé les « bouts de nez » cachés par Agnès. C’est avec cette sorte de truffe (ce n’est pas le diamant noir) qu’elle entraîne ses chiennes. « C’est en jouant qu’on les éduque. Le chien est heureux de trouver une truffe pour son maître », explique Agnès qui fait de la recherche de truffes dans une parcelle de forêt domaniale dans le cadre d’une concession avec l’ONF.

Très rare cette année

Elle fait cette activité par passion «de mes animaux et de la nature. C’est un véritable plaisir de se promener en forêt à l’automne», confie Agnès, membre du club canin de l’UJB à Saint-Dizier. Trouver des truffes reste difficile. Qui plus est cette année où le diamant noir, cette tuber uncinatum, se fait excessivement rare. Le manque d’eau explique ce qui pourrait bien être une pénurie.

Céline Clément

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