Un héron blessé aux deux pattes a été soigné.

Basé à Soulaines, le Centre de sauvegarde régional de la faune sauvage (Cresrel) accueille les animaux blessés de l’Aube et de la Haute-Marne. Il disposera de volières de rééducation pour le printemps prochain.

La nouvelle est tombée vendredi matin (NDLR : le 30 novembre). A 8 h 45, un coup de fil alerte l’équipe : « Nous vous livrons la première volière ce matin ! » Céline, Martine et Vincent, les trois salariés du centre de sauvegarde Cresrel, ainsi que les nombreux bénévoles, attendaient ça depuis plusieurs semaines. Les travaux lancés au printemps ont permis de réaliser des plateformes qui accueilleront les douze volières de rééducation. Lesquelles seront progressivement livrées en kits. « Nous ferons des ateliers construction cet hiver. Cela représente du travail, nous le savons », observe Vincent Ternois. Salarié du CPIE (une émanation de la Communauté de communes de Soulaines) depuis 2001, il est à l’origine de la naissance d’un point relais pour sauver les animaux blessés issus de la faune sauvage, fondé en juin 2014. Depuis le 12 juillet, le point relais est officiellement devenu un centre de sauvegarde. Capacitaire, Vincent Ternois est compétent pour soigner (sous le contrôle de Vincent Sougnez, vétérinaire bénévole) les oiseaux et petits mammifères.

Un hôpital

Le cap des 1 000 animaux acheminés au centre Cresrel a été passé courant novembre. « Il s’agissait d’un hérisson », précise Vincent Ternois. Des écureuils ou chauves-souris échouent régulièrement à l’hôpital animalier de Soulaines, mais environ 75 % des pensionnaires sont des oiseaux. Hiboux, buses, pinsons, mésanges, hirondelles, tourterelles et pigeons y séjournent le temps de se refaire une santé. Il faut parfois faire preuve d’une grande ingéniosité. Pour un héron blessé aux deux pattes, l’équipe a confectionné un support spécial, un genre de youpala pour les bébés. Il a ainsi survécu suspendu. « Nous apprenons, nous testons. Mais nous ne sauvons pas tout le monde », regrette le responsable. L’objectif est de relâcher les animaux dans la nature. A ces fins, l’équipe – comptant des bénévoles, stagiaires et contrats civiques – lutte furieusement contre l’imprégnation humaine.

Rééducation sur place

Jusqu’à présent, les oiseaux qui ont besoin de rééducation sont transférés dans le centre alsacien. L’arrivée des volières à Soulaines, opérationnelles pour le printemps prochain, leur permettra de se refaire une santé sur place. A la sortie de l’infirmerie, les pensionnaires y seront directement transférés. « Nous ne pourrons pas mélanger les espèces. Nous aurons donc une volière pour les chouettes, une pour les buses, une pour les hiboux, des volières pour les oiseaux d’eau… » Ouvert sept jours sur sept, le Centre de sauvegarde est appelé à monter en puissance lorsque ces nouveaux équipements (représentant un investissement de 200 000 €) seront utilisés. « Nous serons sept personnes en permanence sur place, mais nous resterons à trois salariés. Les autres seront des bénévoles. » La période la plus chargée de l’année est sans hésiter celle située entre début avril et le 15 août. Cette année, les petits en péril sont arrivés encore plus tard dans la saison du fait des conséquences de la sécheresse persistante.

Sylvie Chapron

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