Dans le futur, d’autres ruches seront ajoutées pour développer le dispositif.

Le service Espaces verts de la Ville a installé deux ruches dans le parc de la sous-préfecture. Objectif : créer un support pédagogique pour les écoles de Saint-Dizier, mais aussi agir pour la préservation de la biodiversité.

Ça bourdonne dans le parc de la sous-préfecture ! Le service Espaces verts de la Ville a installé deux ruches non loin du château. En tout, 160  000  abeilles sont à l’œuvre dans ce nouvel espace qui leur est exclusivement consacré, entouré de petites barrières en bois, côté Ornel.
La démarche se situe sur plusieurs­ plans. Pédagogique d’abord, puisque l’une des deux ruches a été montée par une classe de l’école Gambetta avant les vacances. Et que l’instal­la­tion doit servir de support­ pour les écoles de la Ville à partir de la rentrée.
«C’était impossible d’installer des ruches dans les écoles», explique Éric Gavier, responsable du service Espaces publics de Saint-Dizier. Les classes seront donc invitées à venir visiter les ruches à la sous-préfecture, si elles le souhai­tent. Des panneaux explicatifs doivent être installés sous peu sur le site pour que les enfants puissent en apprendre un maximum sur les abeilles et leur importance dans l’Environnement. Un petit film à destination des écoles doit aussi être tourné par les services de la Ville pour accompagner les enseignants.

Commune nature

Thomas Brochain, chargé du patrimoine forestier et arboré, et Rachel Bedet, chargée des travaux et du suivi des entreprises au sein du service, ont eu l’idée de ce dispositif au cours d’une formation, récemment. Dispositif qui s’inscrit aussi dans une démarche de préservation de l’Environnement­. «On a recherché le meilleur endroit pour ramener les abeilles dans le centre-ville, explique Rachel Bedet. Et on a pensé à la sous-préfecture. Ici, c’est clos et calme avec de la végétation. C’est un havre de paix. C’était le site idéal. On a planté un arbre à miel et on a aménagé une petite prairie fleurie pour elles.» «Si elles ont des fleurs à proximité, les abeilles ne vont pas chercher beaucoup plus loin», précise Thomas Brochain, qui est aussi un apiculteur amateur passionné. «À proximité des ruches, on a du lierre, de l’acacia, des savonniers sur les remparts­ et de l’eau à l’Ornel». Bref, les butineuses sont choyées.

Fr. T.

«Réintroduire l’abeille»

Deux ruches sont actuellement installées dans le parc de la sous-préfecture.

Pour la Ville, il s’agit aussi de s’inscrire dans la continuité des politiques menées dans le cadre de son inscription dans le dispositif  “Commune nature”, suite à la loi Labbé sur l’interdiction des phytosanitaires, comme l’explique  Éric Gavier. Les abeilles pollinisatrices ramèneront peut-être de la “végétation spontanée”, espère-t-il. «Peut-être pas demain, mais dans cinq ans. On verra peut-être une jolie fleur pousser le long d’un mur. Nous sommes passés en désherbage alternatif. Il faut arriver à changer le regard des gens là-dessus. Parce qu’aujourd’hui personne ne supporte plus de d’avoir une herbe qui dépasse. La nature va reprendre le dessus. Avec les abeilles, on va favoriser la pollinisation. Et grâce à elles, on n’est plus obligé d’arroser les arbres fruitiers de produits chimiques par exemple. Il faut que la nature reprenne son rôle.» «Il faut savoir que sans la pollinisation, c’est une bonne partie de notre alimentation qui disparaît», ajoute Thomas Brochain. Au sein du service Espace vert, deux apiculteurs amateurs (dont Thomas Brochain) seront chargés de surveiller les ruches et de les entretenir. Le dispositif est amené à se développer dans les mois qui viennent avec l’installation d’une nouvelle ruche, dont une avec une paroi en plexiglas pour que les enfants puissent jeter un œil à l’intérieur sans crainte. Quant aux riverains, la Ville assure qu’elle a respecté la législation en vigueur concernant l’éloignement des ruches vis-à-vis des habitations à proximité.
Et puis, bien sûr, le service espère distribuer un peu de miel pour les enfants, même si ce n’est pas l’objectif premier de l’opération. «Le but, ce n’est pas de récolter du miel, insiste Éric Gavier mais de réintroduire l’abeille qui participe à la biodiversité.»

Fr. T.

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