Un échantillon de l’odeur est donné au chien qui part ensuite sur la piste.

Durant trois jours début septembre, quatre stagiaires et cinq chiens ont arpenté la campagne sud haut-marnaise mais aussi les rues de Langres pour un stage de “mantrailing”. Zoom sur un loisir sportif pas comme les autres.

Mantrailing ? Si vous êtes comme moi, ce nom n’évoque pas grand-chose. En fait, il s’agit d’une discipline qui fait travailler le flair des chiens dans le cadre de la recherche de personnes disparues. Une activité qui peut permettre aux chiens entraînés d’épauler les secours lors de disparitions suspectes. Mais c’est aussi un loisir sportif, qui affûte la truffe de nos amis à quatre pattes. A Prauthoy, Annick Séjournant, a découvert cette discipline et, depuis, elle part faire des stages avec son chien Junior, un berger des Shetland de 4 ans. Mais cette fois, elle a fait venir Paulina Druri, une professionnelle du Creusot, en Saône-et-Loire, pour organiser un stage de trois jours. Isabelle, Enya, un croisé griffon de 9 ans et Flora, un cavalier king charles de 8 ans, venus du Pays de Gex, ont répondu , tout comme Claude et Murielle, venus de l’Oise avec Helliot et Haby, deux terrier airedale de 6 ans.

Savoir “lire” son chien

Samedi, les stagiaires se sont donc retrouvés pour une journée dans le secteur de Prauthoy. «Nous avons scindé la journée en deux : le matin, nous étions dans le bois de Montanson et l’après-midi à la base nautique. Les terrains ne sont pas les mêmes, mais cela reste dans un cadre naturel. Et le travail sur les odeurs est un peu plus simple qu’en ville», explique Paulina Druri. L’exercice est simple : on choisit une personne qui va “disparaître” qui part se cacher en suivant un parcours plus ou moins complexe. Ensuite le chien sent un tissu qui a l’odeur du “disparu” et doit chercher. Mais faut-il encore savoir “lire” son chien pour comprendre qu’il est sur la bonne piste ou que les pistes se brouillent. Pas si simple en définitive… «Cela fait travailler le flair du chien mais cela peut aussi aider à sa socialisation, comme cela peut arriver quand le chien a vécu un traumatisme», explique Claude.

Le flair, mais pas que

Et justement, Isabelle est venue avec Flora, qu’elle a adoptée il y a trois ans. «Elle était chienne de reproduction. Mais de manière intensive, et les trois premiers mois, elle n’a fait que dormir. Aujourd’hui, ça va mieux mais elle reste collée à moi. J’ai découvert cette discipline en février. J’ai essayé car le vétérinaire m’a dit que Enya, mon autre chien, avait besoin de travailler son flair, mais je pense que ce stage peut faire beaucoup de bien à Flora.»
Comme dans tout stage, la difficulté va crescendo. Et, hier, les stagiaires ont rejoint Langres. Là, le jeu se complique car en milieu urbain règne un melting-pot d’odeurs… Entre les effluves de pots d’échappement, celles des humains, de la nourriture ou encore celles laissées par les autres chiens au pied des murs, les distractions olfactives ne manquent pas ! Difficiles dans ces conditions de repérer l’odeur qui appartient à l’humain recherché. L’après-midi, les exercices se sont déroulés autour de l’allée Blanchefontaine et là encore, Paulina a su adapter le travail aux capacités de chaque chien, ce qui a permis, notamment, à Flora de faire un vrai progrès pour le plus grand bonheur d’Isabelle qui ne regrette pas d’avoir inscrit ses chiens à ce loisir sportif.
Aujourd’hui, troisième et dernier jour du stage, la difficulté monte encore d’un cran car nos fins limiers et leurs maîtres se retrouveront dans un des forts qui entourent Langres. «Ça va être encore différent mais je pense que l’on va bien travailler !», sourit Paulina. Et c’est reparti !

Patricia Charmelot

Pour tous renseignements, contacter Paulina Druri, Un chien (presque) parfait, Le Moulin des Joux, 71710 Les Bizots, tél. 06.27.65.27.21. ou www.chienpresqueparfait.fr

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