Guillaume Geneste, chargé de missions au Conservatoire d’espaces naturels de Champagne-Ardenne, a expliqué les objectifs de cette demi-journée d’observation.

L’espèce humaine a-t-elle une influence sur les êtres vivants ? C’est pour le comprendre que les élèves de 5e du collège se sont rendus sur la pelouse sèche du Mont Musard.

Cet espace naturel fait partie du site Natura 2000 “Pelouses du Sud-Est haut-marnais” qui forme un ensemble éclaté de pelouses sèches avec des zones de rochers.
Arrivés sur le site, si les adultes encadrant ont pu entendre : «C’est beau ! Il y a plein de papillons !», il n’était pas évident pour les élèves de comprendre pourquoi cet endroit, en particulier, s’inscrit dans la politique de conservation de la nature de l’Union européenne.
Alors, guidés par Guillaume Geneste, chargé de missions au conservatoire d’espaces naturels de Champagne-Ardenne, Adeline Clément, éducatrice nature au Centre d’initiation à la nature d’Auberive, et Anne Laforest, leur professeur de SVT, les élèves se sont transformés en botanistes, ornithologues, ou encore entomologistes.
Sous forme d’ateliers, ils ont ainsi recherché, observé, déterminé des êtres vivants aux noms, aux couleurs ou aux mœurs étranges comme le papillon demi-deuil, le gazé, le zygène, ou encore l’ophrys abeille, cette orchidée qui se reproduit en leurrant une abeille mâle qui la confond avec une femelle (et transporte ainsi, sans le vouloir, de pollen de fleur en fleur). Et quelle surprise – un peu effrayante – quand les élèves, croyant voir un serpent, ont trouvé un orvet, sorte de lézard sans patte, totalement inoffensif pour l’Homme.

Biodiversité et nouveaux métiers
Chaque groupe d’élèves a une mission particulière : ici, observer des oiseaux, écouter leur chant.

Ce petit inventaire de la biodiversité, comparé ensuite au même inventaire réalisé dans un champ cultivé, a permis de mettre en évidence la richesse de ce milieu et l’importance de le conserver. Car sans lui, ce sont toutes ces espèces qui disparaîtraient. Alors notre espèce a-t-elle une influence sur les êtres vivants ? Il était tentant pour les élèves de dire, «il faut protéger cet espace en interdisant à tout le monde d’y toucher !» Eh non, car l’histoire de ce milieu a toujours été en lien avec les interventions humaines et le sera également dans l’avenir : c’est l’espèce humaine qui l’a créé en défrichant il y a très longtemps, et sans nous, les Hommes, il est voué à disparaître car sans fauche ou pâturage, ce milieu ouvert évoluera naturellement vers une forêt dans laquelle les espèces de pelouse disparaîtront.
Depuis 2016, la réforme du collège a mis en place un “parcours avenir” pour comprendre le monde économique et professionnel ainsi que la diversité des métiers et des formations. Alors, découvrir de nouveaux métiers pour que les élèves deviennent acteurs dans la construction de leur projet d’orientation, c’est bien, mais il est aussi bon de sortir de la classe pour construire ses savoirs au cœur de la nature. Tels étaient les objectifs de cette journée.

 

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