Alors que les températures sont élevées et que la pluie est aux abonnés absents, les bêtes dans les pâtures souffrent du manque d’herbe et d’eau. Alors qu’il faut rester très vigilant, des passionnés du monde équin déplorent le comportement de certains propriétaires de chevaux.

«Est-ce si difficile d’apporter une balle de foin et de donner un peu d’eau ?» Joséphine* n’est pas une professionnelle du monde équin. Juste une Chaumontaise passionnée de chevaux depuis plus de 35 ans. Aujourd’hui, elle est outrée face au comportement de certains propriétaires. En cette période de forte chaleur, beaucoup d’animaux se retrouvent sans eau à boire et sans herbe à brouter. Pourtant, avec ces chaleurs, il faut au contraire redoubler de vigilance. Ils n’ont pas forcément d’ombre et pas de clim dans les box, il faut donc veiller à ce qu’ils soient bien hydratés. Un cheval, c’est entre 20 et 60 l d’eau par jour. Un peu plus, en cas de fortes chaleurs, comme un chien à qui on donnerait une seconde gamelle d’eau !
Quand on prend un animal, qu’il s’agisse d’un poisson rouge, d’un chat, d’un chien ou d’un cheval, on accepte de devoir s’en occuper, hiver comme été, matin et soir, et de prendre ses dispositions lorsqu’on part en vacances. Ne s’improvise pas éleveur qui veut.

Foin d’hiver, en été

Cet été, les bêtes aussi ont souffert de la chaleur. Alors que Joséphine se rend chaque jour dans le pré où se trouvent ses trois chevaux, elle constate que l’herbe est sèche, qu’ils n’ont plus de quoi se nourrir. Elle a donc décidé d’utiliser son stock de nourriture pour l’hiver et de leur apporter du foin. Tous les propriétaires n’ont pas le même réflexe. Les bêtes forcent alors sur les clôtures pour aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs, menaçant ainsi de se blesser. Matin et soir, elle puise également dans sa réserve afin de nourrir d’autres équidés. Elle apporte même quotidiennement quatre bidons d’eau dans un pré pour remplir un abreuvoir à sec. Elle a aussi déposé une pierre de sel. Les animaux croquaient à pleines dents.Est-ce vraiment à elle de faire cela ? «Tout le monde s’en fout. Je fais quoi alors ? Je regarde. Je les laisse crever ou se sauver au milieu de la route et causer des accidents ?». Appeler les maires et les propriétaires n’aboutit pas toujours. L’an passé, Joséphine avait déjà sauvé «un cheval qui n’avait plus que la peau sur les os. C’était un squelette ambulant». Elle l’a racheté à son propriétaire (dans l’Agglo de Chaumont), l’a nourri et soigné. Non vermifugé, il n’aurait pas survécu longtemps. «Il est tellement beau aujourd’hui, que je suis heureuse de l’avoir récupéré.» Bien sûr, utiliser son foin pour l’hiver, a et aura un coût. D’autant plus, si les journées sans pluie continuent de s’enchaîner. Mais a-t-on vraiment le choix ? Sanglots dans la voix, Joséphine ne comprend pas. «Ce n’est pas normal de les laisser ainsi. J’ai perdu un cheval d’un cancer et un autre de vieillesse en début d’année alors quand je vois que certains les considèrent comme des vélos, ça me bouleverse.»

Julie Arnoux

*Le prénom a été changé.

 

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