La saison estivale n’est pas une bonne saison pour tout le monde.

Les chiffres annoncés à l’échelle nationale sont préoccupants en termes d’abandons d’animaux domestiques, et le Sud-haut-marnais ne fait pas exception. Si ce n’est que les associations, comme Les 4 Pattes, font face seules à cette situation tendue.

Sur cette seule semaine, l’association langroise Les 4 Pattes au Pays des 4 lacs a reçu un chien, Marley, et une chatte avec sa portée de quatre tout jeunes chatons. Tous ont été amenés au refuge pour y être abandonnés. «Pour la saison estivale, nous avons pris en charge une dizaine d’abandons, mais nous avons dû en refuser dix fois plus par manque de place et de finances. Tous les jours, nous recevons des appels à l’aide par téléphone ou via notre page Facebook et au moins une demande d’abandon. Hors période estivale, c’est plus de l’ordre de une à deux par mois, donc oui il y a une augmentation significative du phénomène en été», déplore Amélie Bertaut, bénévole aux 4 Pattes au Pays des 4 lacs.

Traumatismes

Les raisons vont du décès du maître avec aucune possibilité d’accueil chez un proche à l’abandon parce que l’animal est une charge pour les vacances, entre autres. Qu’importe, il n’y a pas de bonne raison car l’animal, lui, reste avec le traumatisme d’avoir perdu son maître. En revanche, certains ont le courage d’assumer et d’amener l’animal dans un refuge afin qu’il soit pris en charge, ce qui n’est pas toujours le cas. D’autant que le propriétaire qui souhaitera se séparer de son animal devra s’acquitter de 90 € afin de participer aux soins engendrés. Une maigre participation au regard de la facture réelle qui avoisine plutôt les 250 € et du traumatisme subi par l’animal. Car tous ne sont pas gentiment déposés, même anonymement, au pied de la porte du refuge. Jetés d’une voiture en ville, abandonnés sur une aire d’autoroute ou encore emmenés au cœur d’une forêt pour y être perdus… les exemples ne manquent pas.

Projet d’agrandissement

Mais ce qui alarme le plus les bénévoles de l’association langroise c’est le nombre. «On a le droit d’accueillir deux chiens et huit chats, sans compter la quarantaine. Mais là nous en sommes à un chien, trois chats et dix chatons. Donc il nous est difficile de répondre à de nouvelles demandes en terme de place mais aussi de finance», explique Amélie. Une situation qui est difficile à vivre pour l’équipe qui a pris fait et cause pour les animaux. Aussi, elle multiplie les actions qui lui permettent de faire rentrer des recettes mais aussi pris attache avec Sophie Delong, maire de Langres, afin de lui exposer le besoin de place. «Nous avons déjà une convention avec cette association qui gère parfaitement sa mission. Elle a émis le besoin d’avoir plus d’espace. Une réflexion est en cours pour lui mettre à disposition à titre gracieux, la parcelle de terrain attenante à son local actuelle. Il faudra alors clôturer.»
Une solution qui pourra permettre aux 4 Pattes de venir en aide à un peu plus d’animaux, et Marjorie Gauthier, responsable de l’association, en est heureuse. Mais, à terme, il faudra sans aucun doute trouver un local plus grand et plus adapté.

Patricia Charmelot

Trappages

Durant l’été, l’association des 4 Pattes a procédé à cinq trappages de chats errants, entre le 7 juillet et le 5 août. «Une opération qui relève de la convention passée avec la municipalité Nous avons travaillé principalement aux Annonciades où il y a une communauté de chats importante, dont il faut se préoccuper», précise Amélie Bertaut. En effet, durant ce laps de temps, une dizaine de chats ont été prélevés, examinés par un vétérinaire, soignés le cas échéant, stérilisé et identifié. L’association met un point d’honneur à ce chaque animal soit, en effet, traité avec la même attention et l’euthanasie n’est en aucun cas une solution pour ces fervents défenseurs de la cause animale. «Il nous est arrivé que des chats trappés soient diagnostiqués comme porteurs du sida et malheureusement nous n’avons pas encore les autorisations nécessaires pour les accueillir au refuge. En revanche même ceux-là ont été sauvés, car nous avons activé notre réseau et ils sont partis en région parisienne dans une association qui a cet agrément. L’euthanasie n’est envisageable pour nous que si l’animal est atteint d’une maladie incurable et qu’il souffre.»
Passé ce cap, les animaux sont soit proposés à l’adoption soit relâchés à l’endroit où il ont été pris. Le but de l’opération est de lutter contre la prolifération de chats errants et d’éviter qu’ils ne soient porteurs de maladies qui pourraient se transmettre à d’autres animaux ou à l’homme. Pour Armstrong, mâle d’environ 1 an, les tests sont tous au vert et il est donc actuellement en chatterie où il attend de trouver un foyer. En revanche, la petite chatte atteinte de teigne devra attendre, en quarantaine, d’être totalement guérie, pour être proposée à l’adoption.

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