«Nous allons faire des observations sur le terrain. Nous relèverons les points forts et les points faibles» indique Etienne Clément, président de la LPO Champagne-Ardenne.

La Ligue de protection des oiseaux lance un diagnostic sur le territoire de Rives dervoises. L’objectif : recréer des milieux naturels permettant d’entretenir la biodiversité et répondre – notamment -, à la disparition des oiseaux des campagnes.

«C’est le premier projet fédérateur lancé à l’échelle de la commune nouvelle», résume Fabrice Douet, maire de Rives dervoises. Née le 1er janvier 2016, cette commune nouvelle regroupe quatre villages : Droyes, Longeville-sur-la-Laines, Puellemontier et Louze. Situées non loin du lac du Der, ces localités bénéficient d’une fréquentation touristique durant la période estivale, mais également à l’automne du fait de la présence de nombreux férus d’ornithologie sur le secteur. La commune a sollicité la Ligue de protection des oiseaux (LPO) en fin d’année dernière pour la réalisation d’un diagnostic de la biodiversité à l’échelle de son territoire. «Nous allons faire des observations sur le terrain. Nous relèverons les points forts et les points faibles. Les espèces présentes de la faune et de la flore seront inventoriées. Nous envisageons d’associer les habitants pour au moins deux de ces sorties», explique Étienne Clément, président de la LPO de Champagne-Ardenne. Cette étude se conclura par des préconisations.

Recréer des habitats naturels
Fabrice Douet, maire de Rives dervoises et Martine Thouvenot-Lattach, adjointe.

Cette initiative est une réponse possible aux vives inquiétudes soulevées fin mars par les chercheurs du CNRS et le Muséum d’histoire naturelle quant à la chute vertigineuse des populations d’oiseaux dans les campagnes, à l’échelle nationale (lire notre encadré).
«OK, les oiseaux disparaissent. C’est un constat. En montant ce dossier pour Rives dervoises, nous agissons pour recréer de l’habitat en milieu naturel. Nous sommes dans une démarche basée sur le volontariat. Les gens qui le souhaitent pourront faire des choses : replanter des haies, créer des pelouses, des mares ou d’autres choses. Il y aura des aides financières pour cela, puisque ce diagnostic s’inscrit dans le cadre du dispositif de la Région Trame verte et bleue», reprend Étienne Clément.

Sur la base du volontariat

Adjointe de la commune, Martine Thouvenot-Lattach insiste bien sur le fait que tout repose sur le volontariat. «On n’ira pas embêter ceux qui ne le souhaitent pas. Rien ne sera imposé.» La commune devrait naturellement impulser et donner l’exemple. «C’est fédérateur. On nous a déjà fait remonter des idées», complète-t-elle, ravie de l’unanimité recueillie par cette démarche lors de sa présentation en conseil municipal. À son sens, il est nécessaire «d’avancer de façon apaisée sur ce sujet».
Le maire, Fabrice Douet, est persuadé de la portée de ces réflexions pour l’avenir. «Nous avons un cadre qui doit être préservé», ajoute-t-il. La démarche est cohérente pour ce territoire, à deux pas de Montier-en-Der, où se tient chaque année le Festival de la photo animalière.
Il s’agit là du premier dossier de ce type monté par la LPO en Haute-Marne. «Nous en faisons trois par an à l’échelle de la Champagne-Ardenne», conclut Étienne Clément qui a une autre demande sous le coude pour le département.

S. C.

Un tiers d’oiseaux en moins en quinze ans

Les scientifiques du CNRS et du Muséum d’histoire naturelle alertent le grand public – chiffres à l’appui – sur la disparition des oiseaux de nos campagnes qui s’est nettement accélérée au cours des deux années écoulées. Avec des pertes de l’ordre d’un tiers des effectifs en quinze ans pour les zones agricoles, la situation est alarmante pour les scientifiques. L’alouette des champs, la perdrix, la fauvette grise, le moineau ou le bruant ortolan sont touchés. Pour les scientifiques, la disparition des insectes du fait du recours aux traitements agricoles est à l’origine – par ricochet – de la disparition des oiseaux des campagnes (lire l’article de notre édition du 22 mars).