La tique est le vecteur de la borréliose de Lyme, particulièrement virulente dans le Grand-Est.

L’Agence régionale de santé (ARS) du Grand Est a commandé une étude sur la maladie de Lyme. L’accent va être mis sur la prévention auprès du grand public et l’information des professionnels de santé.

A la demande de l’Agence régionale de santé (ARS), une étude a été réalisée en Alsace. L’objectif étant d’estimer le nombre de cas de borréliose de Lyme sur ce territoire qui est probablement le plus touché du Grand-Est. La Champagne-Ardenne n’est pas loin derrière. D’après les constatations observées en 2014 et 2015, on compte environ 2 200 cas par an pour le Haut-Rhin et le Bas-Rhin. C’est-à-dire un taux deux fois supérieur à la moyenne française. C’est aux abords du massif vosgien que le nombre de cas est le plus important.
Les hommes sont plus souvent touchés que les femmes, avec un pic observé pour les 60-64 ans. Une très large majorité des personnes infectées a pour habitude de fréquenter les forêts (74 % des cas), les jardins publics ou privés (47 %) ou encore les prairies (33 %). Dans 64 % des cas, une piqûre de tique a été constatée dans le mois précédant la survenue des symptômes. Une observation qui facilite le diagnostic, mais il faut aussi noter que dans 13 % des cas, aucune piqûre n’a été remarquée.

Trois hôpitaux spécialisés

La prévention est le meilleur moyen de lutter contre la maladie de Lyme. Au vu du nombre (grandissant) de personnes touchées, et afin de sensibiliser largement le grand public, l’ARS Grand-Est a lancé une campagne d’information, à compter de 2015, dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, avec affiches, tracts et l’installation de panneaux en forêts. Cette campagne a depuis été déployée en Lorraine et doit cette année arriver en Champagne-Ardenne et donc en Haute-Marne. Les professionnels de santé d’Alsace et de Lorraine ont eux aussi été informés sur le diagnostic et le traitement de la borréliose. Des rencontres similaires, animées par des spécialistes, doivent se tenir tout prochainement à l’échelle de la Champagne-Ardenne.
Un suivi spécialisé est en place dans les hôpitaux universitaires de Strasbourg et au CHRU de Nancy. La prise en charge de la maladie de Lyme y est pluridisciplinaire. Toute personne souffrant de symptômes compatibles avec une borréliose de Lyme et ayant une suspicion d’exposition à cette bactérie (antécédent de piqûre de tique et/ou sérologie positive) peut, à la demande de son médecin traitant, bénéficier de ces consultations. En France, trois établissements seulement proposent des consultations spécialisées : Strasbourg, Nancy et Nantes.

S. C.

L’Est de la France particulièrement exposé

De la famille des acariens, visible à l’œil nu, de très petite taille, la tique est le vecteur de la borréliose de Lyme. Accrochée à la peau des mammifères, oiseaux ou reptiles, la tique se nourrit de leur sang. Elle n’est pas dangereuse en elle-même, mais peut être le vecteur de maladies, dont la borréliose de Lyme. Le Nord-Est de la France est particulièrement touché et bien sûr la Haute-Marne. Ces vilaines bestioles affectionnent les tapis de feuilles, herbes hautes et les forêts de feuillus ou conifères au sens large. Elles sont généralement plus abondantes entre avril et octobre.
Les tiques aiment s’accrocher dans les endroits les moins visibles, le cuir chevelu par exemple, ou aux endroits où la peau est fine (l’aine, les plis des aisselles)… Que faire lorsqu’on constate que l’on s’est fait piquer ? Il faut retirer la tique aussi vite que possible car le risque de transmission d’une maladie augmente avec la durée de la piqûre. Ensuite, il faut surveiller. Les premiers signes de la maladie sont généralement des maux de tête, des courbatures et une rougeur circulaire autour de la piqûre. En l’absence de traitement, une seconde phase de la maladie peut commencer plusieurs mois après la contamination. La phase tardive apparaît bien plus tard, avec des signes neurologiques, articulaires et une importante fatigue.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

• Ne pas presser la tique entre ses doigts pour éviter le passage de la salive de la tique (avec les agents infectieux) dans votre organisme.
• Ne surtout pas employer de pince à épiler pour ôter une tique. En plus du risque d’infection, vous pourriez laisser la tête, ce qui peut également provoquer une infection ou un kyste.
• Ne pas employer d’alcool, d’éther, d’huile ou de vernis.
• Ne jamais tenter de brûler la tique accrochée avec un briquet.

Mieux vaut prévenir

Voici quelques recommandations pour éviter de se faire piquer par les tiques.
• Porter des vêtements couvrants et clairs (on y repère plus vite les tiques), serrés au cou, aux poignets et aux chevilles. N’en déplaise à ceux qui soignent leur look, il est préconisé de rentrer le pantalon dans les chaussettes ou de porter des guêtres, des chaussures fermées et des gants.
• Vaporiser ses vêtements et chaussures de produit anti-tiques.
• Traiter chiens et chats contre les tiques, car ils peuvent involontairement en ramener à la maison.
• Emprunter les sentiers et marcher au milieu des chemins.
• Inspecter le corps après une activité en pleine nature. En cas de piqûre, retirer la bestiole à l’aide d’un tire-tique.

 

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