Le chenil est désormais bien calme en l’absence des chiens.

Depuis l’annonce de sa fermeture le 30 juin prochain, la SPA de Valdelancourt est de plus en plus triste. Plus de chiens ni de chats, quelques employés qui passent leur journée à nettoyer et à apprendre au public qu’il ne pourra plus adopter ici. Ils sont pourtant encore là quelques mois… Ambiance.

Depuis près de deux semaines maintenant, la SPA de Valdelancourt n’accueille plus d’animaux. Les chats étaient encore les seuls résidents depuis le mois de décembre et ils sont partis­ vers le refuge de Troyes à la mi-janvier. Il y en avait environ 80. Cette fois-ci, les salariés ont eu trois jours pour digérer la nouvelle parce qu’on leur avait annoncé le vendredi pour le mardi. Pour les chiens début décembre, cela s’est passé complètement différemment. «Ils sont venus un matin pour prendre les seize chiens restants, sans nous préve­nir. Ils en avaient déjà pris douze quinze jours avant», confie un employé.
Résultat : le refuge est bien calme. Cette semaine, en arrivant sur place, seul un petit chien m’a souhaité la bienvenue. Il était dans la cour extérieure et aboyait joyeusement à mon arrivée. Ensuite, plus rien à part un employé venu de Troyes pour démonter et déménager les niches. Dans le chenil, le silence le plus total. Pour qui est habitué des lieux, c’est très pesant. En général, les chiens sont au minimum une vingtaine et vous font la fête. Ils sont dans leur cage bien sûr, mais ils sont si heureux de vous voir qu’ils sautent, qu’ils aboient de toutes leurs forces, sans s’arrêter, jamais. Le refuge a bien changé.

80 chats libres à attraper

Du côté des chats, je m’étonne d’abord de voir la porte de la chatterie ouverte. D’habitude, elle est toujours bien fermée pour éviter que les animaux s’en aillent. Il faut dire que les employés doivent aussi récupérer les chats dits libres, au nombre de 80 qui vivent autour du refuge. En laissant la porte ouverte et de la nourriture à l’intérieur, on les habitue à venir avant de les attraper.

Opération nettoyage, rangement et démontage des niches.

Sinon, depuis qu’ils sont partis­, c’est le grand nettoyage. Chatterie désinfectée, niches démontées, cages des chiens lavées à grandes eaux… Faute de personnel assez nombreux, (un des employés a accepté une mutation dans l’Ouest et trois sur quatre sont en arrêt maladie), la SPA a même embauché deux CDD pour effectuer cette tâche. Mélanie, l’employée qui est restée, gère désormais le quotidien, même si c’est Fabrice Roussel, directeur du site du Troyes qui remplace la direction de Valdelancourt. Sauf qu’il ne peut pas venir tous les jours en Haute-Marne, l’Aube est tout aussi importante.
Le quotidien de Valdelancourt demande malgré tout du travail. En plus du nettoyage, Mélanie doit faire face à de nombreux visiteurs ou appels téléphoniques. «Ils ne savent pas qu’on ferme alors ils viennent se renseigner pour des adoptions. Je suis obligée de leur dire que ce n’est pas possible, de leur expliquer…»
Le site internet de la SPA n’aide pas dans ce domaine. Sur la page de Valdelancourt, rien n’indi­que que le refuge va fermer et les animaux “à adopter” sont toujours­ en photos. La mise à jour n’a pas été faite et, souvent, des personnes voulant adopter, cherchent leur animal de compagnie en ligne.
La fourrière est encore une des activités qui fonctionne, convention oblige. Sauf que là encore, rien n’est simple. Désormais, la direction de Paris a décidé de fermer le refuge les jeudis et dimanche. Aucun salarié n’y travaille.
Cela pose problème puisque, quand ils viennent en fourrière, les animaux doivent rester huit jours en quarantaine si leur propriétaire ne les réclame pas. «Sauf qu’on n’est pas là deux jours par semaine. Si on a des animaux, ils doivent donc partir à Troyes le mercredi soir et revenir ici le vendredi matin, pour repartir le samedi soir et revenir le lundi matin !», explique Mélanie. C’est bien compliqué et cela peut poser des problèmes niveau hygiène et confort de l’animal alors qu’il faudrait simplement que quelqu’un vienne quinze minutes le jeudi et le dimanche (nettoyer et donner à manger) pour que tout se passe bien. D’ici un mois environ, Mélanie le sait, de nombreux chats et chatons devraient mis être en fourrière chez eux. Il faudra trouver une solution. Surtout que les pompiers aussi sont embêtés. «Souvent ils nous emmenaient des chiens le samedi soir (animaux de personnes arrêtées) et leurs propriétaires revenaient les chercher le dimanche matin. Là on leur a dit de ne plus en amener ce jour-là.»
Que vont-ils pouvoir faire de l’animal si un cas comme celui-ci se présentait ?

Laura Spaeter

 

Quelle fourrière pour l’Agglo ?

Du côté de la grande Agglo, Joël Clément, vice-président chargé des Affaires sociales, s’occupe ardemment du dossier. Il faut trouver une solution de fourrière pour les communes. La SPA actuelle, et donc son service de fourrière, fermera au 30 juin prochain et c’est une obligation légale, pour les communes, d’être conventionnée pour ce service.
La piste privilégiée consiste à créer une délégation de service public. La future délégation gérera alors la fourrière. Seulement, toutes ces démarches prennent un peu de temps (environ six mois) et l’Agglo n’a pas d’expérience dans le domaine, même si elle s’inspire beaucoup de ce qui se fait ailleurs et notamment à Saint-Dizier. En conclusion, ce ne sera pas prêt le 30 juin.
En attendant et pour faire la jonction entre la SPA et la délégation de service public, l’Agglo devrait faire appel à un prestataire de services qui exercerait au sein des locaux situés sur la commune de Buxières-lès-Villiers et appartenant à la Ville de Chaumont.
Ensuite, place à la délégation de service public. Suivant le délégataire, la fourrière se fera dans les locaux de la SPA ou ailleurs, tout dépendra des propositions de ce premier. Pareil pour le côté refuge. «La priorité c’est la fourrière mais on aimerait bien garder le côté refuge», explique Joël Clément. En tous les cas, la SPA a proposé ses services pour faire le lien entre la fourrière et l’adoption, si besoin.
Pour être mis en œuvre, tout cela doit encore être soumis au vote de la grande Agglo.

 

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