Le martinet noir (Photo Alain Balthazard).

Souvent confondu avec l’hirondelle de fenêtre, le martinet noir en est génétiquement très éloigné, ses plus proches parents étant les colibris.

17 cm de long et 40 d’envergure pour 40 à 50 gr, un corps fuselé, de longues ailes étroites toujours tendues : vous ne pouvez pas manquer cet oiseau entièrement sombre, surtout lorsqu’il vole en bandes bruyantes dans nos villes et certains de nos villages.
Son nom scientifique signifie “sans pied”, ses petites pattes lui permettant de s’agripper à des surfaces verticales mais pas de se percher. Volant le plus souvent entre 40 et 100 km/h, il est capable d’atteindre 200 km/h. Particulièrement bien adapté à la vie aérienne, il peut pratiquement tout faire en vol : se nourrir, boire, récolter les matériaux pour faire son nid et même dormir, entre 1 000 et 3 000 m d’altitude, et s’accoupler !
 D’un à quatre œufs sont pondus en mai dans un nid fait de plumes collées à l’aide de salive, installé dans des cavités sous les toits ou dans les monuments.

Pourvu qu’il fasse beau !

L’incubation dure 19 jours. Assurée par les deux parents, la couvaison débute à la ponte du dernier œuf et se poursuit deux semaines après l’éclosion, les oisillons restant nus jusqu’au treizième jour. Le duvet pousse ensuite et sera remplacé par les plumes au 30e jour. Les jeunes vont alors consacrer beaucoup de temps à exercer les muscles de leurs ailes pour pouvoir s’envoler quinze jours plus tard.
Le martinet se nourrit de petits insectes capturés en vol jusqu’à 1 000 m d’altitude. Pour nourrir ses jeunes, ils sont agglomérés vivants en une boulette conservée dans sa cavité buccale et qui sera ensuite régurgitée. En cas de mauvais temps, les parents peuvent s’éloigner de 200 km pour trouver des insectes, laissant leurs petits seuls pendant plusieurs jours, voire plus d’une semaine. Ceux-ci tombent alors en léthargie et leur croissance s’interrompt. Le succès de la reproduction est donc très dépendant des conditions climatiques.
Dès la fin juillet, le martinet noir entreprend sa migration vers l’Afrique, au sud de l’Equateur. Il faudra attendre les derniers jours d’avril pour voir les premiers oiseaux de retour dans notre région.

Gérard Rolin 
(www.birder.fr)

Le prochain rendez-vous avec le rouge-queue à front blanc.