Le 30 octobre, Frédéric Viane, gérant de la société auboise Aube Trait Nature, est venu chercher ses quelque 150 brebis. Pendant cinq mois, les bêtes ont pâturé sur l’île de Chantecoq, afin de préparer le terrain aux oiseaux migrateurs.

Après cinq mois passés dans leur résidence secondaire, les moutons ont quitté l’île de Chantecoq, au Der, fin octobre. Retour au bercail, pour les 150 brebis de Frédéric Viaene, gérant de la société auboise Aube Trait Nature, qui est venu récupérer ses bêtes non pas en bateau – comme ce fut le cas en mai – mais… à pied ! Manque d’eau oblige.
Pour être tout à fait exact, l’agriculteur, un ami à lui et moi-même, nous nous sommes rendus sur l’île de Chantecoq en pick-up. Pour le retour, tandis que l’autre agriculteur ramenait le véhicule sur les digues, Frédéric Viaene et ses deux chiens acheminaient tranquillement les brebis vers la terre ferme, à pied, en longeant les berges du lac. Sur la route, nous croisons grues, oiseaux cendrées et autres oiseaux, qui n’ont pas l’air choqués par notre présence. «Nous marchons là où se trouvait auparavant le village de Chantecoq», indique le gérant, en montrant du doigt quelques vestiges de canalisations et poteaux électriques. Une demi-heure de marche plus tard, nous voilà sur le macadam des digues. Les moutons ont attendu le camion qui les ramène dans l’Aube, direction un autre lieu de pâturage.

Une action dans le cadre de Natura 2000

«Cette opération est, à nouveau, une réussite», se réjouit Eveline Nivois, chargée d’études et de développement à l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage). Car la venue des moutons sur l’île de Chantecoq, chaque année depuis 2009, se fait à des fins de préservation et de restauration de prairies. En effet, le lac du Der est intégré au réseau Natura 2000, réseau qui octroie un financement à l’ONCFS pour mener à bien cette mission de restauration. «Ces prairies sont des zones très favorables à la biodiversité, mais elles ont tendance à disparaître», poursuit Eveline Nivois. Et de poursuivre : «L’action menée avec les moutons est le moyen le plus efficace que nous avons trouvé pour maintenir la prairie dans cette zone de quiétude qui accueille chaque année des milliers d’oiseaux.»
L’opération sera reconduite l’année prochaine.

Carole Pontier

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