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Floriane Blot et les éléphants, une histoire d’amour
qui dure depuis maintenant plus de cinq ans.

Floriane Blot, soigneuse animalière, s’engage depuis plusieurs années pour la défense des éléphants au Népal. Rencontre avec cette passionnée bragarde.

S’il est une chose qui ne se décide pas, c’est bien le coup de foudre. Floriane Blot en est l’exemple type. Soigneuse au parc zoologique du Pal, situé près de Moulins (Allier), cette Bragarde de 31 ans est en effet tombée amoureuse… des éléphants ! Un amour qui dure depuis plus de cinq ans et qui semble être fait pour durer. «Ce sont des animaux intelligents, malicieux et qui comprennent tout ce qui se passe», avoue-t-elle, fascinée. Son combat pour leur  défense commence réellement en 2014, lorsqu’elle se rend pour la première fois au Népal. «Je voulais voir comment ils vivent dans leur milieu naturel. C’est là que j’ai découvert la situation de ces animaux, qui sont utilisés pour faire des balades.» Utilisés ou plutôt exploités, comme le découvre finalement la jeune femme. «Les éléphants sont considérés comme de simples outils de travail et sont surexploités. On les fait travailler de 7 h à 20 h, quasiment toute l’année», explique-t-elle. De quoi ronger ces animaux de l’intérieur, jusqu’à, dans certains cas, causer leur mort.

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Malgré les lois en vigueur, les éléphants d’Asie
sont particulièrement menacés. (Photos D. R.)

Quant à ceux qui les conduisent (ceux que l’on appelle cornacs ou mahouts), ces derniers, sous-payés et travaillant avec des bêtes pas toujours conciliantes, ne sont pas beaucoup mieux lotis.

Huile bouillante et piment pour soigner les éléphants

A son niveau, Floriane décide alors de faire bouger les choses. Rapidement, elle prend contact avec plusieurs propriétaires, dont un possédant pas moins de huit de ces géants d’Asie. «Certains sont plus ouverts que d’autres. On peut alors leur proposer des formations pour soigner les éléphants.» Pour son premier voyage, la Bragarde restera sur place quatre mois. De son périple, elle se souvient notamment d’un passage au parc naturel de Chitwan. Là, elle découvre un village où résident pas moins de 60 spécimens, recevant des soins plus que basiques. «Les gens ne savent plus comment les soigner. J’en ai vu certains utiliser de l’huile bouillante avec du piment !», raconte-t-elle.

Entre le Népal et la France
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La jeune femme continue de se battre pour cette cause.

Mordue et plus que jamais convaincue par sa cause, celle qui a également travaillé dans un centre de la SPA est retournée au Népal en 2015, grâce à une campagne de financement participatif. A la clé, plus de 1 000 €, avec lesquels elle a pu acheter du matériel utilisé par les maréchaux-ferrants (rapes pour limer les ongles, cure pieds, reinettes…), ainsi que des médicaments et de la petite pharmacie. En parallèle, la soigneuse tente de transmettre le savoir acquis dans son travail aux conducteurs d’éléphants. L’hiver au Népal (soit de septembre à avril) et le reste de l’année en France, Floriane Blot tente de concilier comme elle peut son travail et sa cause. Aujourd’hui, elle songe très sérieusement à rester de façon permanente en Asie. «Nous avons monté une association internationale dans le but de récolter plus d’argent et de monter un projet plus conséquent.» En l’occurrence, trouver un terrain et y construire un lieu où les éléphants pourront être mis au vert et soignés. Quand on aime, on ne compte pas…

Pierre Estadieu