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Plus de 70 personnes se sont mobilisées.

Près de 70 personnes ont manifesté devant la SPA de Valdelancourt. Bénévoles ou simples amoureux des animaux refusent que le site ferme, comme c’est envisagé au niveau national. Des membres du siège vont bientôt revenir en Haute-Marne voir un terrain.

La SPA nationale réfléchit à fermer le refuge de Valdelancourt à cause du terrain et des locaux inadaptés. Rien d’officiel, mais c’est sérieusement envisagé. Cette information relayée dans notre quotidien il y a une dizaine de jours a fait réagir les amis des animaux. Une pétition se demandant “qu’adviendra-t-il des animaux abandonnés ou égarés sans refuge, ni fourrière ?” a été lancée sur Internet par une bénévole du site. Elle a recueilli près de 6000 signatures. Afin d’affirmer encore plus l’indignation, une manifestation a été organisée lors des portes ouvertes, samedi après-midi.
Plus de 70 personnes se sont mobilisés devant l’entrée du refuge. «On voudrait que le refuge reste, nous qui aimons les animaux», commente un bénévole. «J’ai longtemps aidé et je fais des dons réguliers à la SPA», raconte Muriel. «Si elle ferme, ça posera problème. Que fera-t-on des animaux qu’on trouvera ?» Le site de Valdelancourt sert de fourrière et pour l’heure aucune solution de remplacement n’est avancée. Marie-Noëlle Humbert, maire de Verbiesles, est venue en tant qu’élu qui sera confrontée aux problèmes de fourrière si la SPA de Valdelancourt ferme, mais également en tant qu’«accro des chiens». Avec son mari, elle en a adopté deux dans ce refuge. «Ça ne paraît indispensable qu’on garde une SPA en Haute-Marne. Nous sommes pour venir au refuge et adopter un animal qui a besoin d’affection.»
«Nous sommes heureux de voir tant de monde», a lancé Véronique Kolb, bénévole à la SPA et également président de l’association Les Chats libres. «Nous avons alerté ceux qui aiment les animaux, les communes qui fonctionnent avec cette fourrière. Nous voulons montrer qu’en Haute-Marne, il n’y a pas seulement des moutons et des pigeons et que nous sommes prêts à défendre notre refuge et la cause animale.» Véronique Kolb a ensuite passé la parole à Joël Clément, vice-président de la grande Agglo chargée des Affaires sociales. La compétence fourrière revient à l’agglomération, même si le bâtiment est propriété de la Ville de Chaumont. L’élu est revenu sur l’historique des recherches d’un terrain pour déplacer les animaux (lire plus bas). «Nous étions d’accord pour un terrain de 2,5 hectares à Buxières-les-Villiers, sur un champ de colza à 100 mètres du site historique. Après l’orage du 7 juin, on leur a dit à Paris que le terrain était noyé sous un mètre d’eau et ils se sont retirés du dossier. Mais ce n’est pas possible qu’un mètre d’eau monte sur ce lieu. Je ne sais pas si c’était un prétexte pour arrêter.» L’élu a donné «une branche à laquelle se raccrocher». «Des personnes de la SPA nationale viendront la semaine prochaine pour voir ce terrain. C’est le lieu idéal. Si on ne concrétise pas, c’est qu’ils ne veulent plus de nous.» Et justement, la question a été posée : que se passera-t-il si rien ne bouge et que le refuge ferme ses portes au 31 décembre prochain ? «On prendra nos responsabilités d’une façon ou d’une autre», a affirmé Joël Clément, évoquant le privé comme cela se fait à Saint-Dizier.
Pour rappel, si la refuge de Valdelancourt ferme, les animaux seront transférer dans d’autres SPA.

Leslie Mucret

 

Un dossier qui dure

Joël Clément a le dossier SPA sur son bureau depuis trois ans. Pendant cette période, les services ont sélectionné huit terrains pour construire un nouveau refuge inscrit parmi les 27 projets pilotes en France avec un financement à 2,2 millions d’euros. A la Vendue, Plein’Est (là où s’implantera les Forges de Bologne), sur la zone de l’autoroute, des parcelles ont été proposées au moment où le but de la SPA était d’avoir des refuges sur des zones d’activités. Des propositions abandonnées pour diverses raisons. Au final, c’est le terrain en face de l’actuel site qui a été retenu, puis rejeté. Il y a un an et demi, le siège a réduit l’enveloppe à 1,2 million d’euros qui devait servir aux travaux de l’actuel refuge. Depuis pas de nouvelles, jusqu’à ce que nous relations la menace de fermeture dans nos colonnes. «On nous a mis devant le fait accompli», regrette Joël Clément.