Elles ne vivent pas seulement dans la forêt… Très présentes dans l’Est de la France, les tiques sont aussi dans les jardins, les parcs, les chemins.

Et elles peuvent véhiculer la maladie de Lyme. Le point sur le sujet sous forme de questions/réponses.

Le tire-tique est un précieux allié à avoir dans son armoire à pharmacie.

• Comment évoluent les tiques ?
La tique est un parasite de l’ordre des arachnides qui se nourrit exclusivement de sang. Au démarrage, il ne s’agit que d’une larve, minuscule, à peine visible. Celle-ci évolue deux fois : au stade de nymphe, puis d’adulte. Elle se reproduit ensuite. La bestiole repère son hôte grâce à la chaleur dégagée. Sur lui, la tique cherche un endroit où la peau est fine et s’y fixe en la perçant à l’aide de ses pattes et de ses crochets buccaux.
• Comment éviter les tiques ?
Il convient de bien se protéger, en particulier lors des promenades en forêt ou dans les herbes hautes : les randonneurs ont l’habitude de porter des chaussettes et des pantalons couvrant les jambes. L’idée étant de ne pas laisser de peau apparente. Des produits – sous forme d’aérosols – permettent de repousser les tiques.
• Quels sont les signes d’infection de la maladie de Lyme ?
Lorsqu’elle aspire le sang, la tique injecte un liquide. Celui-ci peut être infesté du borrelia, la bactérie provoquant la maladie de Lyme. Après une piqûre, il est vivement recommandé de surveiller les symptômes suivants : une éruption cutanée rouge circulaire autour de la piqûre, fièvre, maux de tête, courbatures, fatigue et gonflement des ganglions. Toutefois, ces signes ne sont pas systématiques… C’est pourquoi il convient d’être attentif pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Car la maladie peut aussi se déclarer longtemps après la piqûre.
• Comment ôter une tique ?
Le plus rapidement est le mieux ! Mais il ne faut pas s’y prendre n’importe comment. Le premier des conseils est de procéder calmement, avec délicatesse. Si l’on s’y prend de façon brusque, le principal danger est que la tique ait le réflexe de régurgiter, ce qui aurait pour effet d’augmenter les risques d’infection. L’idéal est d’avoir un tire-tique. Ce petit objet que l’on peut se procurer en pharmacie ou en grande surface permet de coincer la tique et de l’arracher d’un coup sec en la faisant pivoter.
Il est fortement déconseillé d’appliquer un produit sur la tique (comme on le faisait autrefois pour qu’elle tombe), car celle-ci régurgitera probablement avant de se détacher.
Une fois la tique enlevée, on applique un désinfectant à l’endroit de la piqûre et on surveille pendant au moins un mois.
• Quel est le meilleur ennemi des tiques ?
Dans une récente étude, des chercheurs néerlandais ont démontré que le pourcentage de tiques infectées par la borrelia diminue fortement lorsque les renards sont présents en nombre. L’effet est significatif puisque les tiques infectées seraient 20 fois moins nombreuses dans les secteurs où les renards sont nombreux. L’explication est simple : dans les zones où il n’y a pas de renards, souris, rats et campagnols prolifèrent. Souvent porteurs de la borrelia, les rongeurs sont les premiers à se faire piquer par les tiques. Du fait des renards, les tiques trouvent moins facilement des hôtes. Elles se rabattent sur les oiseaux qui ne sont pas ou peu porteurs de la bactérie.
• Existe-t-il un vaccin contre cette maladie ?
Pas encore. Pour l’heure, la maladie ne peut être traitée que grâce à des antibiotiques. La société Valneva SE, basée à Lyon, spécialisée dans les vaccins, s’est toutefois lancée dans l’aventure. Les tests du candidat vaccin sont en cours. Le lancement pourrait se faire d’ici 2022.
• Quelles évolutions à attendre pour la prévention et la prise en charge des personnes infectées par la maladie de Lyme ?
Il y a près d’un an, l’ex-ministre de la Santé, Marisol Touraine, annonçait le lancement d’un plan national de lutte contre ce fléau. Une concertation multidisciplinaire doit faire avancer la recherche ainsi que le diagnostic, le protocole et le traitement de la maladie. Le congrès international de la maladie de Lyme s’est tenu en France fin mai. La forme chronique de l’infection n’est pas officiellement reconnue en France, mais certains professeurs œuvrent à cette fin.

S. C.

Rendez-vous sur le réseau Sentinelles, résultant d’une collaboration entre médecins généralistes, pédiatres et chercheurs.

Le saviez-vous ?

D’après le réseau Sentinelles, le nombre de cas annuels est estimé à 85 000 en Europe, dont un peu plus de 30 000 dénombrés en France. Des chiffres qui seraient stables. Les secteurs les plus touchés sont l’Alsace-Lorraine, l’Ile de France, la Basse-Normandie, l’Aquitaine,  Midi-Pyrénées. Le pourcentage de tiques porteuses de la borrelia varie suivant les régions. Dans le pire des cas, le pourcentage est de 10 à 20 %.
Les chiens et les chevaux peuvent également être contaminés par la maladie de Lyme. D’où la nécessité de les protéger avec des antiparasites. Le chat n’y est en revanche à ce jour pas sensible.