A 18 ans, Dimitri Jorand s’attaque au niveau international.

A 18 ans, Dimitri Jorand, des Ecuries de l’Etalon noir (Prez-sur-Marne), poursuit sa progression vers le plus haut niveau national. Désormais entraîné par Mathieu Billot, un cavalier professionnel normand, il a participé cette année au circuit Grand national et à des épreuves internationales. Portrait.


On l’avait quitté ado, déjà prometteur mais montant encore en poneys. Dimitri Jorand, jeune bachelier de 18 ans, est désormais étudiant en école de commerce à Reims, à l’aube d’un cycle de quatre années – deux en France puis deux au Canada. Ses résultats de cavalier sont toujours aussi révélateurs de son talent. Non seulement, depuis deux ans et demi, ses qualités s’expriment sur des chevaux de taille adulte, mais il participe aussi à des compétitions qui tutoient le haut niveau national.
Toujours pensionnaire des Ecuries de l’Etalon noir qui l’ont formé depuis l’âge de 6 ans et dont son père Didier est l’un des propriétaires, le jeune Haut-Marnais est désormais entraîné par le cavalier normand professionnel, Mathieu Billot, champion d’Europe juniors en 2002, vainqueur du circuit du Grand National en 2012 et en 2015. Son père et son frère, qui l’ont beaucoup encadré durant sa jeune carrière, ont désormais pris un peu de recul pour des raisons professionnelles notamment.

Un objectif à court terme à 1,50 m

«Notre collaboration a démarré il y a un an et demi, quand j’ai récupéré un cheval qu’il avait monté sur des circuits deux étoiles, un niveau déjà excellent. Je me suis aperçu que je n’arriverais pas seul à trouver les clés pour bien maîtriser ce cheval nommé Otiny. Je l’ai appelé pour lui demander des conseils et nous ne nous sommes plus quittés», raconte Dimitri Jorand. A tel point que, cette année, le coach et son élève sont devenus… coéquipiers sur le circuit Grand National. «Cette compétition par équipes autorise la participation de deux seniors (+ de 21 ans) et d’un junior. Il n’y a aucune contrainte géographique. Nous avons terminé troisièmes au classement général, ce qui valide une bonne saison», poursuit le cavalier haut-marnais.
Il travaille chaque jour «d’arrache-pied» pour parvenir à ce niveau-là, déjà remarquable mais visiblement encore insuffisant à ses yeux. Aujourd’hui engagé sur des épreuves de saut d’obstacles à 1,40 m voire 1,45, Dimitri Jorand espère gravir encore un palier, en s’alignant l’an prochain à 1,50 m. «Je dispute des internationaux deux étoiles et idéalement, j’aimerais également passer sur des trois étoiles sachant que les meilleurs comptent cinq étoiles. Des cavaliers comme Mathieu Billot en sont là, sur des coupes du monde !», confie-t-il.

En voiture puis à cheval

Tous les jours, le Haut-Marnais a choisi de rentrer de Reims vers Prez-sur-Marne après ses cours. Après une heure 45 de route, il rejoint son écurie pour monter durant deux à trois heures, trois chevaux qu’il travaille tous les jours, dont deux de tête, avec lesquels il a participé au Grand National, Burgs Roses et Regan Kervec. «J’en remets actuellement un quatrième au travail, à raison de quatre jours par semaine. Parfois, je me dis que j’aimerais bien que les journées se rallongent car le temps me manquent pour tout faire. Mon premier objectif va être de continuer à lier équitation de haut niveau et études.»
C’est d’autant plus vrai que ses résultats et son statut ont multiplié les demandes de coaching ces derniers temps. Si Dimitri Jorand en est flatté et reconnaît qu’il récolte là les fruits de son engagement de longues années, il est néanmoins obligé de refuser des collaborations, par manque de disponibilité.
L’an prochain, il entamera un cycle de trois ans comme jeune cavalier. Dimitri Jorand reste réaliste. «L’équipe de France ? C’est encore assez loin. En plus, je n’ai jamais eu l’habitude de brûler les étapes. Ma carrière, je l’ai construite progressivement, en prenant le temps de faire correctement les choses. Mes études m’enverront sans doute deux ans au Canada et je ne sais pas, alors, ce que je ferai : soit je vendrai mes chevaux pour en monter un nouveau outre-Atlantique, soit j’en emmènerai un au Canada si le niveau d’alors me permet de viser encore plus haut. Je n’y ai pas encore songé», indique-t-il.
Sa préoccupation reste aujourd’hui l’épreuve internationale qu’il devait disputer mi-décembre, au Mans. Sur le Grand prix du dimanche, avec Burgs Roses, il espère entrer dans le Top 8, avant de profiter d’une trêve hivernale bien méritée jusqu’en février. Un obstacle après l’autre.

Delphine Catalifaud