Depuis début septembre, Daniel Lagneaux a pris les rênes de l’Institut français 
du cheval et de l’équitation (IFCE) de Montier-en-Der. Il remplace 
Christian Haessler – muté à la tête du service régional de l’alimentation 
du Grand-Est – et aura la tâche d’étudier les perspectives d’évolution du site.


Le Journal de la Haute-Marne : Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?
Daniel Ligneaux : Je suis ingénieur de formation. J’ai été chercheur à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) pendant 17 ans, où j’ai travaillé sur la reproduction du cheval. J’ai été recruté aux haras nationaux en 1984 et j’ai déjà assuré la direction du site de Strasbourg. Aujourd’hui, je suis le directeur territorial de l’IFCE en Franche-Comté, en charge de l’organisation du territoire et de l’animation du personnel. Suite au départ de Christian Haessler, j’assure également l’intérim de la direction de l’IFCE du Grand-Est, avec les trois régions et deux sites IFCE : celui de Rosières-aux-Salines (près de Nancy) et le pôle dervois. Mon champ d’action va donc du sud de la Bourgogne, jusqu’aux Ardennes. J’ai déjà eu l’occasion de venir à Montier, je reviens donc en terrain connu, avec des gens que j’apprécie.
JHM : Comment connaissiez-vous le site de Montier ?
D. L. : Ma première venue remonte aux débuts des années 1990, lorsque le haras dervois s’était lancé dans l’expérimentation de la transplantation embryonnaire. C’est une technique de reproduction, qui consiste à transplanter les cellules de la jument donneuse dans la jument porteuse, pour permettre à la jument coureuse de continuer la compétition. C’est le principe d’une mère porteuse. Et Montier avait été le premier haras européen à utiliser cette technique.
JHM : Quelles sont vos missions à Montier ?
D. L. : Je vais assurer l’intérim de la direction, avant la nomination d’un titulaire. Le territoire a besoin d’une continuité. Le programme proposé par le haras sera décliné comme l’année dernière, avec des formations d’attelage et des formations à la carte. L’IFCE a un important savoir-faire équin. Nous sommes au service des professionnels et du grand public. Nous pouvons imaginer dispenser des formations aux métiers de bourrelier sellier, car nous avons un local et le matériel.
Et dès à présent, à Montier, nous allons maintenir une équipe réduite pour le contrôle sanitaire des chevaux. Car la tendance veut que les forces vives soient rapatriées sur Rosières-aux-Salines, qui a des infrastructures plus développées. Pour l’avenir du pôle, il ne faut pas oublier que nous sommes Grand-Est et que notre travail va dans ce sens. C’est Michel Auberin qui préside aux destins de la filière Grand-Est ; je le rencontre prochainement, je rencontre les décideurs de la nouvelle Région. Il y a des entités qui sont en train de se marier et il faut savoir où elles vont habiter. Pour imager, on pourrait formuler la question ainsi : faut-il une grande maison de ville, ou bien une petite maison de ville et une maison de campagne ?
JHM : Que vont devenir le personnel et les chevaux ?
D. L. : Les chevaux et le personnel restent à Montier jusqu’à septembre 2017. Les Lorrains se sont longtemps très appuyés sur le haras de Rosières-aux-Salines. Le devenir de Montier va dépendre de l’engagement de la filière et des collectivités. J’ai bien entendu les attentes de Jean-Jacques Bayer, maire de Montier. Il faut tenir compte de l’impact sociétal et économique de Montier. Le haras dervois a une tradition de cheval de trait et Rosières, de cheval de course. Avant de décider de l’avenir, nous avons besoin de prendre du recul.
Notre vocation reste d’accueillir des chevaux. Nous serons donc très attentifs aux propositions, si nous sommes sollicités pour accueillir des événements ou des infrastructures équestres. Quel que soit le destin, la mairie et la Codecom du Pays du Der auront leur mot à dire sur les projets et l’accueil des chevaux, étant donné que les locaux leur appartiennent.

Propos recueillis 
par Carole Pontier