Il faut apprendre à connaître les comportements de son chien pour éviter qu’il ne morde. 
(Photo Nicolas Frisé)

Samedi 9 juillet dans l’après-midi, la section chiens visiteurs du club canin de l’UJB organisait 
une séance de prévention des morsures de chiens. Car si l’animal agresse,
 ce n’est qu’une réponse à un mauvais comportement humain.
«Il n’y a pas de chiens gentils ou de chiens méchants. N’importe quel animal peut devenir agressif en fonction de la situation. Un chien qui devient fou et qui mord sans raison, ça n’existe pas.» Murielle Moizy est formelle : si un chien mord, c’est à cause d’un mauvais comportement humain.

Selon la fondatrice de la section chiens visiteurs du club canin de l’UJB, il y a cinq raisons principales pour qu’un chien finisse par mordre. «La première, et la plus courante, c’est l’agression par territorialité. Le chien ne va pas apprécier que quelqu’un entre sur son territoire. C’est l’image du facteur qui, chaque jour, vient déposer le courrier. En aboyant, le chien lui envoie un signal pour le prévenir qu’il n’est pas content. Avec la répétition, le chien peut attaquer le facteur. Pour s’en prémunir, il suffit de reculer, de sortir du territoire défendu par le chien», explique Murielle Moizy.

Peur, douleur, frustration…

La peur est aussi une cause d’attaque. Un chien attaché qui va sentir un danger ne pourra pas fuir et risque de mordre pour se défendre. Dans ce cas, il s’agira de morsures répétées. «Si un chien a mal quelque part et qu’on l’embête un peu trop, il va manifester qu’on lui fait mal en mordant. C’est une morsure réflexe, poursuit Murielle Moizy. En cas de frustration, si on le prive de nourriture ou de ses jouets, le risque grandit aussi. Un chien a besoin qu’on s’occupe de lui. Et s’il y a plusieurs animaux, il peut ressentir l’injustice si on fait pour l’autre et pas pour lui. Cela peut créer de l’agressivité à la longue. L’arrivée d’un bébé peut avoir le même effet sur le chien qui se sent alors délaissé.» Enfin, et on pourrait avoir rapidement tendance à l’oublier, le chien est un prédateur. S’il est mal éduqué, son instinct peut se réveiller à tout moment. «C’est pour ça qu’il faut l’habituer à rencontrer des gens et d’autres animaux, dès les six premiers mois de sa vie. C’est à cet âge qu’il est le plus curieux et qu’il a le plus de facilités à apprendre», insiste Murielle Moizy.

Connaître les bons comportements

Bien sûr, le chien doit être éduqué pour éviter qu’il ne morde. Mais les êtres humains aussi doivent connaître les bons comportements à adopter pour ne pas agresser l’animal. «Le chien n’aime pas qu’on le regarde dans les yeux. En tant qu’humain, si quelqu’un vous regarde fixement dans la rue, vous allez lui demander s’il veut votre photo. Le chien fait la même chose en grognant et parfois en mordant», ajoute Murielle Moizy. Aborder un chien que l’on connaît peu ne se fait pas non plus n’importe comment. Le réflexe est d’aller directement lui caresser le dessus de la tête ou le dos. Or, pour le chien, c’est une agression. Il faut approcher doucement, par le côté et donner une caresse sous le cou ou sur le flanc.
Ce sont tous ces petits conseils, et bien d’autres encore, que Murielle Moizy a délivré aux visiteurs sur le terrain du club canin, à côté de l’UJB. «La séance est surtout dirigée vers les enfants, bien qu’elle puisse être très utile aussi aux adultes. Je commencerai par expliquer ce qu’est un chien, sa façon de communiquer pour comprendre ses signaux d’alerte, comment l’approcher et comment se comporter avec lui. Ensuite, il y aura des ateliers pratiques avec les chiens, pour mettre en application tous ces conseils», détaille Murielle Moizy, qui pourra également répondre à toutes les questions du public. Au-delà de cette journée, la bénévole aimerait que les plus jeunes soient tous sensibilisés aux comportements canins. «On fait des séances de prévention routière dans les écoles. Mais les attaques de chien font partie des accidents domestiques fréquents, conclut Murielle Moizy. On pourrait apprendre aux enfants comment se comporter avec les chiens, comme on leur apprend à regarder à gauche et à droite avant de traverser la rue…»

P.-J. P.